View Full Version : L'histoire d'une jeune Zoraï réfugiée
nechao
July 4th, 2006, 04:21 PM
Liashu naquit dans une petite communauté Zoraï sédentaire. Un beau jour, son village fut rasé par une expédition de Kitins. Après plusieurs semaines à errer seule sur Atys, elle réussit à rejoindre quelques survivants, qui décidèrent de prendre la route, pour retrouver une autre communauté. C’est au cours de leurs pérégrinations qu’ils entendirent parler des ruines de Silan, et du campement Ranger.
Ainsi donc, le renouveau des races homins avaient commencé sur la planète végétale. Le ranger qui leur en parla tenta de les convaincre de rejoindre l’île, mais tous les membres du groupe n’étaient pas prêts à se lancer dans un voyage aussi périlleux. Liashu se mit en chemin avec seulement trois autres compagnons. Dernière survivante du groupe, elle parvint à atteindre le campement des rangers, et découvrit alors que tout espoir n’était pas perdu.
Guidée par les maîtres des quatre races, Liashu commença son entraînement. Dans les primes racines où ils avaient trouvé refuge, les homins avaient beaucoup perdu de leurs savoirs ancestraux. La jeune réfugiée dut travailler longuement pour apprendre les techniques de base du combat, de la magie, de la récolte et de l’artisanat. Elle eut l’occasion de se familiariser avec les cultes et les sensibilités de chaque race homine. Mais assez naturellement, c’est sur la voie de Nomis Merclao, des Kamis et de l’équilibre qu’elle s’engagea.
Plus d’une année passa. De nombreux réfugiés arrivaient sur l’île, s’entraînaient et partaient rapidement pour le continent. Mais Liashu ne parvenait pas à se décider à abandonner ce refuge. Malgré les dangers de Silan, c’était la première fois de sa jeune vie qu’elle vivait dans un environnement aussi protégé. Bien que les quatre maîtres la jugent prête à les quitter, il restait tant à faire sur l’île. Chiang le Fort avait besoin d’aide pour contrôler les populations de bandits. Les Kamis avaient également envoyé quelques représentants sur l’île. Même cet endroit préservé était atteint par la Goo. Ils avaient besoin des homins pour les aider à éradiquer les animaux corrompus par la maladie rampante qui frappait Atys.
Elle tenta également de mieux comprendre les disciples de Jena, un peu par curiosité, mais aussi car ils semblaient puissants et attentionnés envers les homins. Leur façon de faire et leurs requêtes quant aux sujets qui touchaient la Goo, ne cessait cependant de l’inquiéter. Alors que les Kamis, qui parlaient de la voix de Ma’Duk, avaient décidé de la destruction de la Goo ; comment d’autres pouvaient envisager de l’étudier ? Si Ma’Duk dans son Grand Dessein n’avait pas prévu de place pour la Goo, quel besoin avait-on de l’étudier ? Le vide infiltré dans la création ne pouvait être que mauvais. Bien des gens qui s’étaient frottés de trop prêt à la Goo, y avaient perdu l’esprit. Malgré leurs bonnes intentions déclarées et le pragmatisme qu’ils revendiquaient, les Karavans jouaient avec le feu pour la jeune Zoraï.
Et puis cette île avait une particularité très chère aux yeux de Liashu : ici, ni les races, ni les cultes ne parvenaient à séparer les homins. Tous travaillaient de concert pour faire de ce lieu un endroit toujours plus sûr et plus accueillant pour les réfugiés qui y parvenaient. C’était sans doute là, la chose la plus importante de toute, le vrai signe du renouveau d’Atys. De temps à autres, des nouvelles parvenaient du continent, grâce aux grimpeurs des rangers. Et ces nouvelles n’étaient pas bonnes. Partout, la guerre ou les tensions faisaient rage entre kamistes et karavaniers. Les anciens amis s’entretuaient, les complots déchiraient les homins. Et Liashu savait qu’elle devrait, une fois là-bas, choisir son camp.
Liashu Wo Ataa,
Réfugiée de Silan,
Disciple de Nomis Merclao, sage Zoraï des rangers d’Atys.
edjen
July 4th, 2006, 04:32 PM
Pardon pour le HRP, mais merci pour ce beau texte agréable à lire. :)
tagdus
July 4th, 2006, 04:34 PM
Pardon pour le HRP, mais merci pour ce beau texte agréable à lire. :)
/hrp rien n'a ajouter :) /
onirim35
July 4th, 2006, 05:43 PM
Bienvenue à toi, ça fait plaisir à lire :)
island97
July 4th, 2006, 07:38 PM
bienvenue et bravo pour le texte
nechao
July 5th, 2006, 02:53 PM
Merci pour les compliments ! Voici donc la suite et fin de l'histoire de Liashu sur l'île de silan
L’heure du départ avait finalement sonné. Dans la tranquillité nocturne, Liashu fit une dernière fois le tour du campement Ranger. Avant de se rendre dans l’enclave Kami, elle souhaitait faire ces adieux à tous les maîtres qui l’avaient patiemment formée. Elle commença par le fier Artisan Matis, qu’elle ne portait plus vraiment dans son cœur, après la sombre histoire des prélèvements de plantes aux alentours de Silan. Malgré son air supérieur, et sa façon désagréable de vous parler comme à un jeune yubo, elle devait reconnaître qu’il lui avait beaucoup appris. Ses cadeaux et récompenses lui avaient permis d’économiser quelques dappers dont elle aurait certainement besoin sur le continent. Egal à lui-même, le matis ne sembla pas le moins du monde s’émouvoir de cette séparation : après tout, les réfugiés ne manquaient pas et une zoraï de moins à former, c’était du temps de gagner.
Un peu triste, elle continua son chemin vers la farfelue Millie. Son franc-parler et sa façon toujours ironique de présenter des choses, faisait de la Tryker un des maîtres les plus populaires. Avec elle, la prospection et la récolte avaient pris un parfum d’aventure et de chasse aux trésors. Elle provoquait souvent les éclats de rire des homins qui suivaient ses enseignements, et malgré les dangers auxquels elle les exposait avec ses demandes, elle était attentive et généreuse pour tous.
La combattante Fyros pesta de voir un élément entraîné partir. Mais, malgré son sang bouillonnant, elle savait qu’elle était là pour ça : préparer les homins aux durs combats du continent. Là-bas aussi, des combattants entraînés étaient utiles. Après quelques derniers conseils sur sa garde parfois défaillante, elle laissa Liashu partir vers le Sage Merclao.
De tous, c’est Nomis qui manquerait le plus à Liashu. Alors qu’elle n’était qu’une réfugiée égarée et peureuse, il lui avait appris le sens de la vie sur Atys. Bien plus que le pouvoir de contrôler la magie de la Sève, il lui avait donné une raison de croire en un monde meilleur. Dans la voie de l’équilibre, chaque homin avait sa place. Ceux qui étaient morts durant les dures années, avaient servi le dessein de Ma’Duk d’une autre façon : chaque mort étant source d’autres vies et garantie de l’équilibre. Le vieux sage tenta de la retenir encore un peu :
Chiang le Fort doit encore avoir besoin de toi. Tu auras bien le temps de découvrir le monde.
Merci, mon maître pour l’attention que vous me portez. Mais je ressens le besoin de rejoindre Zora. Je dois encore beaucoup apprendre : la route est longue vers l’âge kami, mais la sagesse de nos ancêtres m’aidera.
Bien alors, si ton choix est fait, va voir le maître Kami de l’enclave, il t’emportera vers Zora. Tu iras voir Fai-Cu Fung une fois là-bas. C’est un des gardiens de la sagesse, même si elle est aussi barman. Elle te donnera de précieux conseils pour commencer ton initiation aux mystères de notre peuple. Et elle pourra te guider dans Zora.
Au revoir, Mon Maître
Adieu, Liashu, que Ma’Duk veille sur toi. »
D’un geste tendre, Nomis bénit la jeune homine qui se releva et se dirigea vers les lumières de l’enclave Kami. Quelques instants plus tard, le tourbillon de lumière se dissipait, et la grande Zora, cœur des jungles, s’étalait sous ses yeux. Les longues bannières flottaient au vent d’automne et Liashu comprit qu’elle serait éternellement éprise de cette ville.
Liashu Wo Ataa,
Réfugiée de Silan,
Disciple de Nomis Merclao, sage Zoraï des rangers d’Atys.
__________________________________________________ _______________
voilà c'est fait, j'ai quitté l'île pour toujours, je voulais remercier tous les joueurs que j'y ai croisé et avec je me suis bien amusé : que ce soient de vrais nouveaux, ou des anciens venus découvrir la NPE. Merci à tous pour vos conseils, les rez, la chasse au yelk, au kirosta. Au plaisir de vous recroisez sur l'écorce... même si aujourd'hui nos voies vont peut-être divergées. Bon jeu à tous
camillez
July 5th, 2006, 03:40 PM
/HRP/ Toujours très agréable à lire, encore bravo :) au plaisir de te rencontrer sur l'écorce :) /HRP/
edjen
July 6th, 2006, 11:33 AM
Le souci du détail, l'adéquation avec la Lore des peuples d'Atys, et le plaisir de voir cette jeune Zorai s'éveiller et prendre sa place dans ce monde magique sont rafraîchissants et forts agréables.
Longue vie à Liashu.
nechao
July 6th, 2006, 07:21 PM
Finalement, je me prend au jeu et j'ai continué un peu avant l'histoire de Liashu dans la capitale Zora
Premiers pas à Zora
Ainsi donc, Zora avait accueilli par un beau jour d’automne comme on n’en voit que dans la jungle, la jeune Liashu Wo Ataa. Bien formée par ses précédents professeurs, les rangers de Silan, la jeune fille se dit qu’il faudrait sans doute commencer par repérer les lieux : aussitôt dit, aussitôt fait, voilà notre grande bleue partie à toutes jambes dans les rues de la ville. Mentalement, elle notait les emplacements des vendeurs, des entraîneurs, des gardes, des lieux intéressants… et la liste s’allongeait, s’allongeait, sans qu’elle arrive pour autant à trouver « la fin de la ville ». A bout de souffle, elle finit par s’arrêter de courir comme un jeune capryni fougueux.
Cette idée peut vous paraître étrange, mais n’oubliez pas que notre jeune Zoraï n’avait jamais connu d’aussi grande communauté d’homins. Partie quelques années plus tôt de son village des primes racines, qui ne devaient compter que quelques familles, le campement Ranger était déjà pour elle, une mégapole fabuleuse érigée à la gloire des peuples homins.
Si les Zoraïs ont de grandes jambes, ils sont également universellement reconnus pour être un peuple sage et réfléchi. Constatant que cette première exploration ne lui avait rien apporté, si ce n’est qu’elle était à présent incapable de retrouver la place où elle était apparue, Liashu ne se laissa pas aller au désespoir. Fouillant dans son sac, elle s’arma de son stylet et d’un petit flacon d’encre. Dans une poche du devant, elle attrapa quelques feuillets froissés.
Ses outils en main, elle ne put s’empêcher de sourire en se remémorant les réactions qu’elle avait provoquées avec ses tentatives. Le maître artisan Matis n’avait eu de cesse de se moquer d’elle et de ses idées farfelues :
«Le papier est un bien totalement inutile. Tu ferais mieux d’utiliser ton temps et tes matières d’une façon plus profitable à notre communauté.»
Il faut dire qu’avant d’arriver à un résultat correct, il avait fallu de nombreux essais. Fabriquer un stylet avait été relativement simple, les os des javings nouveau-nés offrant une résistance correcte, tout en conservant souplesse et finesse. Pour l’encre, elle avait fait diverses tentatives avec des sèves et des résines, mais c’était finalement des graines de Sarina écrasées liées avec un peu d’huile qui donnaient la meilleure pigmentation. Le plus gros travail, celui qui lui avait pris le plus de temps, c’était le papier. Heureusement, Millie la tryker, qui connaissait sur le bout des doigts les meilleurs coins pour trouver des fibres, l’avait un peu aidée, sans doute curieuse de voir ce que ça pouvait donner. Après avoir essayé les fibres de buo, qui ne collaient pas bien entre elles et donnaient un papier cassant une fois sec, Liashu s’était finalement rabattue sur les fibres d’anete. Il fallait les effiler, les laisser tremper quelques jours dans l’eau, puis les ranger en couches alternées avant de les presser et de les laisser sécher sur une pierre plate. Le résultat était des feuilles assez souples et beaucoup plus légères que les peaux tannées ou autres vélins.
Assise en tailleur, l’encre en main gauche et le stylet en main droite, Liashu commença donc son nouveau travail : la carte de Zora. Elle y dessina les bâtiments, les chemins, puis se mit en route en marchant cette fois, faisant des pauses pour identifier les magasins et noter les places des personnes de la ville. Cette méthode avait du bon : elle prenait cette fois le temps de discuter avec les caporaux, les messagers, découvrit l’organisation hiérarchique. A la nuit tombée, elle avait retrouvé son point de départ, et se dirigeait d’un pas assuré vers Fai-Cu Fung, la gardienne du savoir qui tenait aussi un bar…
Liashu Wo Ataa,
Réfugiée de Silan,
Disciple de Nomis Merclao, sage Zoraï des rangers d’Atys.
guttts
July 7th, 2006, 04:14 AM
excellent, immersion totale ..*attend la suite *
nechao
July 8th, 2006, 10:35 PM
Un hiver à Zora
…A peine Liashu arriva-t-elle aux environs de la place des entraîneurs située en contrebas des écuries de Zora, qu’une voie l’interpella. Liashu pivota dans la direction de l’appel. Une grande zoraï chauve lui faisait signe d’approcher.
Tu es nouvelle dans la capitale, jeune homine ? lui demanda-t-elle.
Oui, je suis arrivée ce matin par la grâce des Kamis, en provenance de l’île de Silan
Cela se voit à ta tenue, continua la zoraï chauve en la regardant ostensiblement de haut en bas.Et je suis prête à parier que tu me cherches. Je suis Fai-Cu Fung, la tenancière de la taverne de Zora et une des gardiennes du savoir. Et toi comment t’appelles-tu ?
Mon nom est Liashu Wo-Ataa. C’est Nomis Merclao qui m’envoie auprès de vous.
Ah tiens… comme c’est original…répondit Fai-Cu en souriant. Tous les jeunes réfugiés qui portent ta tenue viennent me voir de la part de Nomis. Le vieux sage a décidé que tous ces disciples devaient au moins m’entendre une fois, avant de poursuivre leurs aventures. Comment va-t-il ?
Il allait bien quand je l’ai quitté, entouré d’une horde de jeune homins avides de ses enseignements, comme chaque jour sur l’île de Silan.
Tant mieux, le travail qu’il accomplit là-bas au sein des rangers est essentiel pour Atys, et pour l’équilibre. Mais assez parlé de lui, venons-en toi*: racontes-moi un peu qui tu es…
Finissant sa phrase Fai-Cu se dirigea vers un des murs de la place. Une ouverture apparut, et elle revint vers Liashu avec deux verres et une bouteille emplie d’un liquide verre. S’asseyant, elle signe à la jeune réfugiée de l’imiter. La conversation dura une bonne partie de la nuit, souvent interrompue par les clients qui venaient s’enquérir de la santé de Fai-Cu et lui passer commande. Liashu raconta toute son histoire, des moments les plus joyeux de son enfance aux épisodes les plus horribles de sa fuite vers l’île de Silan. Les deux zoraïs rirent beaucoup, pleurèrent aussi… et dans le brouillard de cette étrange liqueur verte, Liashu finit par s’endormir, sereine, alors que l’aube teintait d’ocre les murs de Zora, la ville dressée à la gloire de Ma’Duk.
Liashu Wo Ataa,
Réfugiée de Silan,
Disciple de Nomis Merclao, sage Zoraï des rangers d’Atys
thx59
July 9th, 2006, 01:18 PM
HRP/ Félicitations pour ces récits et Bienvenue à toi parmis les tiens, soeur de la Jungle ! ;)
Viens donc faire un détour à la Maison des Cercles Zorais à Zora (http://lescercles.benletibetain.net/mdc/). Il s'agit de l'Assemblée répresentative du Peuple Zorai, lieu d'échanges et de débats pour notre NAtion.
A bientôt ! :)
/HRP
nechao
July 13th, 2006, 02:03 PM
Un hiver à Zora (suite)
Elle s’éveilla dans la matinée. Fai-Cu était déjà au travail et discutait avec un autre réfugié qui avait sans doute débarqué peu de temps auparavant à Zora. S’apercevant que Liashu était debout, elle lui tendit un bol contenant une mixture brune à l'odeur assez forte.
Bois ça, tu retrouveras tes forces plus rapidement. Et puis tu as beaucoup de choses à faire aujourd’hui, tu n’as pas de temps à perdre avec une gueule de bois. Va trouver Shua-Lao Zhuangi de ma part. Il pourra te confier quelques missions pour te permettre de gagner quelques dappers. En attendant d’avoir ton chez-toi, tu pourras demander asile au temple Kami. A cette saison, c’est toujours sympathique d’avoir un endroit pour dormir au sec. Ah oui… j’oubliais… Si tu veux aussi en apprendre plus sur notre peuple, tu devrais également parler au Chef des Gardes de Zora. Tu le trouveras sur la place. Allez bonne route à toi, jeune Liashu, Ma’Duk veille sur toi.
Un peu déboussolée, Liashu se mit en route et quitta la taverne de Fai-Cu. Elle marchait tranquillement, essayant d’ordonner un peu ses pensées. L’air vif de ce matin d’hiver lui faisait du bien, ainsi que la mixture de Fai-Cu.
Sa longue visite de la ville, la veille, lui avait permis de mieux la connaître. Elle retrouva sans peine la grande Place, prit son courage à deux mains et alla engager la conversation avec le chef des Gardes. Il portait l’uniforme de Zora, une armure lourde rouge, avec un masque qui cachait son visage. Malgré son physique imposant, l’homme était sympathique et lui apprit comment progresser sur la voie de la sagesse et obtenir un de ces fameux cubes d’ambre dont lui avait parlé la barman durant la nuit. Tout allait pour le mieux, puisqu’il lui faisait de remplir des missions pour les officiels de Zora. Peu tentée par la chasse, et n’ayant pas encore un niveau suffisant, malgré son entraînement pour répondre aux demandes des contremaîtres, elle se mit ensuite en quête du messager local Shua-Lao. L’homme ne manquait pas de travaux pour les jeunes zoraïs. Il confia plusieurs tâches à Liashu, qui tâcha de s’en acquitter rapidement.
Plusieurs jours, puis semaines passèrent, Liashu avait pris l’habitude de courir d’un village à l’autre pour porter les nouvelles, les rapports et les commandes. Profitant de ses allées et venus incessantes dans la jungle des cités de l’Intuition, elle apprit à mieux connaître son nouvel environnement et reprit à ses heures perdues la chasse et le forage. La nuit, quand elle le pouvait, elle rentrait à Zora et allait dormir au temple Kami. Peu à peu son pécule augmenta. Elle passait aussi beaucoup de temps à l’étable. Installée dans un coin, elle fabriquait de menus objets pour les revendre et écoutaient les conversations incessantes de vieux Zoraïs venus négocier l’achat ou la vente de mektoubs.
Peu à peu, un projet naquit dans son esprit. En travaillant dur, elle pourrait peut-être devenir une artisane et s’installer dans un des villages des Cités de l’Intuition. Elle aimait particulièrement Hoï-Cho. La première chose à faire serait d’avoir un mektoub. Bien sûr, elle ne pourrait que se payer un pauvre animal, mais déjà, elle avait repéré celui qui lui plairait. C’était un vieux mâle. S’il pouvait parler, il aurait sans doute beaucoup de chose à raconter, sur les paysages qu’il avait vu. La bête était placide et fort sympathique, mais personne ne voulait s’encombrer d’un animal qui marchait si doucement, et risquait à tout moment de passer de vie à trépas. Quand elle venait à l’étable, Liashu lui apportait toujours quelque chose à manger, et la vieille bête avait bien vite appris à la reconnaître. Après plusieurs semaines de travail acharné, Liashu avait assez d’argent pour acheter la bête. Le cœur battant, elle marchait donc vers le palefrenier, lorsqu’elle aperçut deux zoraïs en grande tenue devant elle.
celestyn
July 24th, 2006, 11:19 PM
ouah gg, tu me ferai presque devenir zorai ^^, vite la suite :D
nechao
August 4th, 2006, 09:26 AM
Liashu était là, debout avec une bourse pleine de dappers en main, les yeux fixée sur les nobles visiteurs de l’étable. La pluie froide, typique de l’hiver au Pays Malade, qui tombait sans discontinuer depuis son retour de Jen-Laï, ruisselait sur son masque et trempait les vêtements Matis qu’elle avait gagnés à Silan.
Se sentant sans doute observés, les deux compères interrompirent leur conversation. Se tournant vers la jeune réfugiée, l’homine s’inclina poliment, suivi par son compagnon.
« Kami a’ata, jeune réfugiée. Pourquoi nous regardes-tu ainsi ? »
Gênée par son incroyable manque de politesse, Liashu baissa la tête.
« Elle m’a l’air bien timide, reprit l’homin. Je m’appelle Evanok et voici Lohah. Et toi qui es-tu ? »
« Liashu Wo Ataa, je suis arrivée il y a peu. Pardonnez mon incorrection, mais j’admirais vos tenues. »
« Ce sont des tenues fabriquées selon l’art ancestral de notre peuple. Trop de gens à Zora portent les fabrications des autres nations homines. Si nous n’y prenons garde, un jour, le peuple Zoraï perdra ses antiques savoirs dans l’artisanat.»
« Calmes-toi Eva, elle n’y est pour rien si elle porte des ouvrages matis. Sur l’île de Silan, j’ai entendu dire que le maître artisan en était un. Pardonnes Eva, Liashu, il a toujours eu le sang un peu bouillonnant. Ainsi donc tu t’intéresse à l’artisanat ? »
« Oui…je compte bien en faire mon métier. Je viens souvent ici pour travailler en écoutant les conversations et en regardant les Mektoubs. Aujourd’hui, je dois ailleurs acheter ma première bête. C’est utile lorsque que l’on collecte beaucoup de matières.»
« Figures-toi que nous sommes au courant, jeune homine, répondit Lohah en riant… Peut-être que nous devrions en parler au vieux Wan, qu’en penses-tu Eva ? »
« Oui peut-être… »
« Liashu, nous serons sans doute amenés à nous revoir, mais en attendant, prends donc cette armure légère, elle te sera utile si tu quittes les alentours des Cités. C’est Evanok qui l’a fabriquée. Tu devras peut-être attendre les jours chauds du printemps pour la porter. Moi, je vais te donner des bijoux. Ce sont des ornements, mais ils augmenteront aussi ta résistance. Quand tu les porteras, tu sentiras la vitalité d’Atys couler en toi. »
Derrière son masque, Liashu rougit en effet en constatant à quel point le pantalon fabriqué par le Zoraï était court.
« Merci à vous, mais je n’ai pas les moyens de me payer un équipement pareil. »
« C’est un cadeau. Notre guilde milite activement pour défendre l’artisanat Zoraï. Et comme tu portes encore des vêtements de fabrication Matis, c’est notre devoir de t’en donner d’autres, plus en phase avec la culture de notre peuple. »
« Alors, merci de tout cœur. »
« Nous devons te laisser, nous sommes attendus par les nôtres. A bientôt sans doute… »
Les deux zoraïs s’éloignèrent d’un pas tranquille sous la pluie, se tenant par la main. Un peu abasourdie par le cadeau qu’elle venait de recevoir, Liashu faillit en oublier la raison de sa visite. Reprenant ses esprits, elle avança d’un pas décidé vers le palefrenier Vao Pa-Sang, et après les salutations d’usage, demanda à voir le troupeau. Avec le mauvais temps, Vao avait rentré ses bêtes. Dans l’étable régnait l’odeur de la paille mouillé. Les mektoubs se serraient les uns contre les autres, se communiquant leur chaleur. De la vapeur sortaient de leur trompe.
Le vieux Mektoub que Liashu avait repéré depuis plusieurs mois était toujours là. Alors que Vao lui vantait la qualité d’une autre bête, bien plus jeune, Liashu s’approcha du vieil animal pour le flatter. Le vieux toub la reconnut immédiatement. Inclinant sa tête couverte d’un poil déjà blanc et clairsemé, il accepta calmement les caresses de la jeune Zoraï. Se tournant vers Vao :
« C’est celui-là que je veux. »
« Tu es sûre, tu sais c’est une vieille bête. Je l’ai racheté à un tryker de passage, qui ne voulait pas lui imposer un nouveau voyage vers le Pays des Lacs. Ce toub-là ne te sera guère utile. »
« Je compte bien rester aux alentours de Zora dans les temps à venir. Et puis je l’aime bien. Je ne le ferai pas porter trop de charge et le ramènerai à l’étable de temps à autre pour qu’il se repose. »
« Bien, alors si tu y tiens il est à toi. Je ne pensais pas vraiment lui trouver un nouveau propriétaire, je vais te faire un bon prix. Suis-moi dans mon bureau que l’on signe l’acte et que tu règles ce que tu me dois. »
« Je te suis, les bons comptes font les bons amis. »
« Sage parole… »
Une demi-heure plus tard, Liashu était l’heureuse propriétaire de Trompe-l’œil, un vieux toub fatigué, mais qui allait se révéler plus tard sacrément malin. Il ne lui avait pas coûté très cher, et comme il lui restait pas mal de dappers en poche, Liashu décida d’aller voir Fai-Cu la barman pour boire un coup en l’honneur de cette belle journée.
Alors qu’elle était tranquillement assise, appuyée contre le mur d’ambre et qu’elle papotait avec Fai-Cu de ces découvertes et des dernières nouvelles de Jen-Laï, un izam arriva dans dans l’amphithéâtre. Son vol était hasardeux, et la pauvre bête rata son atterrissage sur l’épaule de Liashu, pour aller s’emplafonner dans le mur derrière elle. Tombé à terre, il émit un faible cri en tendant sa patte à laquelle était accrochée un message.
« Je parie que c’est l’yzam du vieux Wan ! Presque aussi saoul que son maître cet oiseau… »dit Fai-Cu.
Elle remplit une écuelle d’un peu de liqueur et d’eau, et alla la déposer près du volatile. Liashu aurait juré voir une lueur de désir dans l’œil noir de l’izam avant que celui ne se rétablisse avec agilité et ne plonge son bec dans l’écuelle.
« Qu’est-ce que je disais ? Regardes-le… ça c’est un sacré piaf… Je suis sûre qu’il n’y a pas deux comme lui sur tout Atys…Gloire à Ma-Duk d’avoir créé pareil oiseau. Mais bon… que te veut le vieux Wan ? »
Liashu déroula le papier, et le lut rapidement.
« Je crois qu’il m’invite à rejoindre les Combattants de la Vente. »
« Ah bon, et bien toi qui veux devenir artisan, on peut dire que tu as de la chance. Les Combattants de la Vente sont installés depuis des lustres à Zora, ce sont d’excellents artisans, ils veillent même sur un avant-poste. »
« Tu crois que je devrais y aller ?
« Un peu oui… que je crois que tu devrais y aller. Tiens prends ça et signe ton accord. »
Attrapant le signet que Fai lui tendait, Liashu parapha le message. Fai-Cu lui prit des mains et avec l’habitude des années, l’attacha à la jambe du volatile. Ce dernier qui avait toujours le bec dans l’écuelle se dodelina un peu, mécontent d’être dérangé. Mais constatant qu’il n’y avait plus rien dans le récipient de bois, il agita les ailes frénétiquement. Lentement et avec une trajectoire indescriptible l’oiseau prit son vol et regagna le ciel…
Et c’est ainsi :
« Qu’un beau jour ou peut-être une nuit…
près de Fai-Cu bien assise,
Liashu rejoignit les Combattants de la Vente Zoraï »
nechao
October 18th, 2006, 08:44 PM
un petit up pour mon retour sur Ryzom, enfin sur le ring !
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