View Full Version : Nemesis: Peurs & silences -1, 2, 3 et épilogue)
psychee
November 29th, 2004, 01:23 PM
La chambre était sans dessus-dessous. Leonil n’etait pas rentré depuis bientot une saison, Psychée y avait vécue seule tout ce temps, dans l’enceinte du hall des Gardiens.
Voilà presque deux saisons que la vie passait et suivait son cours, lentement loin de lui. Loin de son refuge, de l’homin qu’elle aimait. Depuis l’instant où les Kamis et la Karavan avait livrés leur première guerre, tout ce qu’elle avait souhaité construire ou réaliser avait perdu son sens. Elle pensa aux Kamis, à ce qu’elle savait, à l’immensité de ce qu’elle ne savait pas. Elle pouvait en dire autant de la Karavan. La seule chose qu’elle savait sur eux, finalement, était qu’elle était en danger auprès d’eux, mais comment juger pour un monde entier une peur personnelle ?
Toutes les fois où elle avait eu à écouter une discussion religieuse entre les deux camps, elle n’avait vue que mépris, crainte, ignorance et incompréhension. La guerre devenait le seul leitmotiv des deux camps, tout ce qu’elle avait souhaité : aider à la paix, s’étiolait doucement.
Elle pensa à Kalidon, forcé de choisir entre son peuple et sa foi... Et qui les avait quitté. Et Diaser, en lutte contre son peuple pour essayer de les unir, obligé de renoncer à les aider directement par le choix de sa foi .
Toute l’écorce avait décidé qu’il n’y aurait que deux camps, et qu’entre eux, il n’y aurait qu’un dialogue : guerre.
Et elle ne pouvait rien faire contre cela.
Et elle-même ne savait toujours pas. Les Kamis continuaient encore à la rejeter, elle n’entendait pas leur voix, prisonnière de sa foi, et son amour pour eux, face à leur méfiance pour sa sève de Matis. Il fallait qu’elle sache, et elle ne connaissait qu’un moyen, le seul qu’on lui ai jamais expliqué, le seul qu’elle puisse jamais mettre en oeuvre. Ce n’etait pour personne d’autre que pour elle : savoir si elle suivait, enfin, la bonne route, savoir si elle avait uen chance de réussir, ne serai-ce qu’une seule.
Elle sourit amèrement, pensant à tout ces gens la prenant pour un symbole, avec tout les regards possibles qu’ils pouvaient porter sur elle. S’ils savaient qu’elle est la première à ne pas comprendre, à n’avoir aucunes réponses, et que les Kamis eux-même lui refusent tout aide, tout appui, tout réconfort.
Elle jeta ses dernières affaires sur le lit, au milieu de ses armes, de son armure, de ses gants de mage Elle ne prenait rien, juste un peu d’eau . Et fit tomber une poignée de tickets téléporteurs. Elle regarda longuement le dernier qu’elle tenait en main... celui qui allait l’emmener là où tout avait commencé, là où elle avait choisi, définitivement... Elle serra sa main autour du précieux morceau de bois tendre, se pencha vers sa ceinture pour y saisir la lettre qu’elle avait rédigé plus tôt et la poser sur le lit.
La lettre disait ceci...
« Il y a une cerne que je vous ai rejoint, mes amis, mes frères et soeurs. Ma famille... Une cerne... et j’ai fais bien des bétises. Autant, je crois, que je vous ai apporté de joie, et de rires.
Mais je vais devoir en faire une de plus.
J’en suis désolée par avance, parce que vous allez vous inquiéter pour moi, comme toujours, et que c’est cruel de ma part de vous faire endurer cela.
Mais... vous avez toujours su que j’aurais voulu simplement être avec vous, invisible, petite et effacée, ne pas vous déranger, juste me savoir des votres et vivre à vos cotés.
Sauf que ça n’est pas possible. Que ce soit de ma faute ou pas, ce n’est pas possible. Je suis devenue l’un des pions du jeu qui se joue sur toute l’écorce, et dont nous avons vu le premier tour, celui qui a décidé de retirer pour longtemps toute paix entre nous, et la Karavan. Je suis devenue un pion parce que je ne sais pas me taire, pas non plus me cacher, comme j’aurai voulu. Il semble que je ne sois ni assez sage, ni assez discrète pour cela.
Et il m’est arrivé des choses que je n’avais ni demandé, ni prévu, ni souhaité. Je n’ai ni demandé à devenir la proie de la Karavan depuis avant même ma naissance. Pas plus que d’avoir été la seule à comprendre l’appel à l’aide des Kamis. Et encore bien d’autres choses que je n’ai pas voulu. Et d’autres dont je suis responsable, comme d’avoir voulu être reconnue par le peuple que j’aime comme l’une des votres, avoir le droit de parler, et voter, comme vous, pour mon peuple. Ou avoir suivie Ninya au coeur des Cercles, au défi même de leurs créateurs, et des zoraïs eux-mêmes.
Beaucoup de choses que je regrette, encore plus contre lesquelles je ne peux rien, sauf admettre que cela, je n’y peux rien.
Je me suis faite des ennemis, autant que des alliés, sans même réaliser la portée de ce qui m’arrive, et l’etendue des dégats que je risque de commettre désormais. Ma dix-septième cerne approche... seulement dix-sept... Et des gens croient que j’ai quelque pouvoir sur les choses pour me donner un rôle. Ce qui n’est pas vrai... Je suis incapable de comprendre, prévoir, ou contrôler ce qui se passe autour de moi. Je ne comprend rien.
Mais parce qu’ils y croient, j’ai ce pouvoir. Je n’y vois qu’une chose : la capacité à faire du mal à tous, parce que, forcément, je ferai une bétise, parce que je ne peux pas assumer ça.
J’ai besoin de trouver des réponses, et je ne sais pas où chercher. Vous ne pouvez pas me les donner, juste m’encourager... mais si vous saviez combien j’ai peur, combien j’ai peur.
Je dois comprendre, parce que je ne peux pas reculer, de toute façon. La seule manière de comprendre quelque chose qui vient de soi, c’est de s’écouter, au delà de ses peurs et de ses angoisses. Aussi loin, aussi longtemps que possible. Alors je vais le faire.
Essayer d’entendre à nouveau les Kamis... essayer de trouver comment leur faire accepter mon odeur et ma sève... Essayer de comprendre pourquoi c’est moi. Pourquoi est-ce arrivé. Comment je dois le prendre... Et surtout, surtout, que dois-je désormais faire.
Je ne reviendrais pas tant que je ne saurais pas. J’ai... disons prévu le retour, si cela se passait mal. Mais je ne reviendrais pas tant que je n’aurais pas compris.
Je... voudrais juste dire une chose, parce que... parce que jamais je ne pourrais le dire face à vous, parce que je n’en aurais jamais le courage, alors que ma plume est si facile à guider. C’est un peu lâche, mais je ne suis pas courageuse.
J’ai trouvé une famille, ce que je n’ai pas eu. Des frères et soeurs, ... Thalionir, Linlin.. ; ma chère Adfael, que je laisse à vos soins, mais pas que ça... Pas que ça...
Si j’avais eu le droit de chercher, et trouver, un jour, un père, une mère...
Dame Yavin, vous auriez été la maman dont j’aurai pu réver... auquelle j’ai si souvent révé. Pas un modèle... bien plus... je... ne sais même pas comment le dire autrement que... j’aurai aimé que ce soit vous.
Et Thun... mais vous le savez déjà... Vous aviez déjà compris.
Je dois y aller, le soleil se lève sous peu, je veux partir avant. Leonil, mon coeur, mon prince, mon ange, mon refuge, ma raison d’être, attend-moi, je reviendrais. Tu pars si souvent, je t’attend si longtemps désormais. Je n’ai jamais eu peur de ne pas te voir revenir... J’ai appris à ne plus avoir peur, pas plus qu’à te demander où tu disparais si longuement pour moi, pour nous tous.
Cette fois-ci attend moi, je reviendrais. Je ne sais pas quand, mais tu ne le sais jamais non plus. Ne t’inquiète pas, mon amour. Je t’aime. »
Psychée ignorait qui la lirait en premier, mais ils la trouveraient vite. Elle laissa sa porte ouverte, et se dirigea en silence vers la sortie. Elle ne portait que son habituelle tenue légère, une gourdre... et un ticket dans la main.
Le garde de la guilde la salua, elle répondit par un sourire simple. Il dormait à moitié, et l’aube dardait à peine ses premiers phares dans le ciel.
Elle saisit le ticket, le caressa des doigts un instant en le regardant... inspira... et le brisa...
(suite sous peu)
kriss
November 29th, 2004, 02:44 PM
magnifique ... comme la plupart de ce que tu ecrit ma chère psychée
kalibarr
November 29th, 2004, 02:47 PM
plus loin, plus tard...
Leto sort un morceau d'ecorce et grave une encoche.
"ça, c'est fait..."
lycan1
November 29th, 2004, 02:54 PM
/hrp
Superbe texte, je ne savais plus que le lyrisme de Psychee nous manquait autant. :)
psychee
November 29th, 2004, 07:19 PM
Merci pour vos encouragements, la suite (il y a trois parties) demain:)
snark
November 29th, 2004, 08:18 PM
/Hrp j'attends la suite avec impatience :)
psychee
November 30th, 2004, 02:31 PM
(attention, le texte est TRES long, et je pense émaillé de fautes, j'ai mon word qui refuse de corriger l'orthographe, il fait la grève)
Psychée claquait des dents de froid.
Autour d’elle le ciel nocturne avait dissimulé jusqu’aux astres et à la géante gazeuse qui, toujours, guidait les voyageurs tardifs. Ne reste qu’une chappe si sombre que son épouvantable absence de couleurs semblait vouloir contaminer l’écorce même.
Des éclairs fous zébraient la tempète, comme des doigts divins que la colère aurait aveuglé, déchirant les trombes d’eau et de neige trempée que les vents fouettaient avec une telle force que les rares feuilles que le froid hivernal avait épargné vivaient leurs dernières minutes avant d’être déchiquetées.
Et ce n’était encore que le début de la nuit.
Et elle n’avait trouvé aucun abri.
Elle se serra encore plus fort sur elle-même, dos au rocher qui seul, avait semblé lui offrir un peu d’abri, ou au moins l’impression de ne pas être complètement nue et seule sous la tempète. Mais l’abri était illusoire. L’eau coulait sur son corps fouetté par la pluie et trempé par les ruissellements du rocher, et le vent se chargeait de faire disparaitre le peu de chaleur qu’elle essayait de conserver.
Il n’y avait plus de pensées. Elle sentait parfaitement ce qui lui arrivait, mais toute pensée construite avait déjà fui depuis longtemps son esprit. Ne restait qu’une seule étincelle, encore brillante, dans son âme épuisée : une résolution farouche, presque inconsciente, à résister, et résister jusqu’au bout.
Un éclair frappa si près qu’elle fut aveuglée et assourdie par l’impact, hurlant de surprise et de peur. Ses pensées revinrent à la surface, en même temps que la souffrance, le froid, la faim.
Elle se surprit à réaliser qu’elle ne pensait pas à la mort. Elle avair dépassé ce moment là.
Cela faisait combien de temps, maintenant ?
Elle essaye de se plonger dans ses souvenirs pour oublier son corps glaçé, la pluie cinglante, sa faim, et la faiblesse qui envahissait son corps un peu plus chaque heure.
Elle avait cassé le ticket, pour se retrouver quelques instants d’absence plus tard devant le Kami. Il avait porté un regard vers elle, un seul, portant tout le poids de sa répprobation à sa présence avant de l’ignorer, comme toujours. Ses sons, ses appels et paroles permanentes ne lui était pas adressé. Il parlait au mon, à Atys, aux autres Kamis, sans qu’elle ne comprenne rien, mais ne lui avait accordé que ce seul regard chargé de reproches.
Elle était resté un instant devant lui, essayant de trouver une prière silencieuse pour le remercier de l’avoir laissé venir près de lui. Avant de réaliser que personne ne lui avait jamais appris comment prier un Kami, qu’elle ne connaissait ni le moindre geste sacré, ni le moindre psaume qu’elle puisse réciter.
Il ne posa plus un seul regard sur elle.
Mais elle devait maintenant trouver ce qu’elle était venue chercher. Le lieu où elle pourrait s’assoir, et attendre. C’etait toute la seule stratégie qu’elle se voyait capable de faire. Elle étair venue ici car il s’agissait de l’un des lieux les plus sacrés qu’elle connaisse, l’un des plus isolés aussi. Aussi loin que je regard pouvait porter, il n’y avait ici que l’influence des Kamis, au plus profond, au plus isolé des Jardins Majestueux.
Là, où, deux cernes plus tôt, Leonil l’avait guidée dans sa recherche de sa propre foi. Et où celle-ci était née au contact de ce lieu et de son aura. Devant ces deux Kamis protecteurs de ces lieux, qui jamais ne l’avaient regardé autrement qu’un bref instant de répprobation et de curiosité.
Autour d’elle vivait dans l’hybernation de ce manteau de neige toute la vie et la sève d’Atys, protégée comme par miracle de la folie lointaine du monde. Aucun homin ne mettait les pieds ici, sauf les gardiens serviteur de ce grand Kami embassadeur qu’elle était déjà si souvent venue saluer.
Elle commencait à se détendre. Les gingos étaient loins, les javings aussi, et elle pouvait marcher dans la neige sans trop de craintes, jusqu’à une clairière où elle avait passé des moments immenses avec son Prince. La clairière était toujours la même, quelques souches, un rocher au loin, les immenses arbres du Jardin Majestueux grimpant au loin à l’horizon, et un grand noeud d’une racine aérienne flirtant avec le ciel dans le lointain.
Elle chercha une petite butte dans la clairière, et deblaya un peu la neige, pour s’y assoir. Et se demanda que faire... La première chose qu’elle cherchait était devant elle : la paix. Le silence de l’hiver se noyait en elle et calmait toutes ses tension. Ca devait être sans doutes la première étape, mais après ?
Elle pensa à son premier mentor, à l’homin qui, le premier, avait tenté de lui apprendre toutes les valeurs qui l’avaient guidée jusqu’ici. Elle aurait aimé connaitre son véritable nom. Ce voyageur et marchand zoraï aimait le sobriquet que les Matis lui donnaient : Pieds-Bleux.
C’etait un bon moment pour penser à lui... un bon moment pour penser à tout le monde, finalement. N’etait-elle pas venue ici pour cela ?... Penser, réflechir, essayer de trouver une réponse. Même sil elle ignorait quelle question...
C’est ce que lui avait raconté Pieds-Bleux :
« Quand un Zoraï ne puis plus compter sur sa sagesse ou son calme pour répondre à toutes les questions qui l’assaillent, il se retire. C’est pour cela que nous prenons le temps de répondre, autant de temps que nécessaire. Nous nous isolons, loin de nos frères et de nos routes et villes bruyantes, et nous attendons, dans le calme, la sérénité, et la méditation la réponse à nos questionnements.
Et parfois, la question même nous échappe. Quand une grande décision pour sa propre sève, ou celle de ses frère doit être prise, il n’y a pas de question qui soit exprimable, formulable en tant que tel. Seule ton âme, petite feuille, peut formuler la question, pas tes mots. Ce que l’on appelle sagesse est juste cela : le temps. Rien que le temps.
Si un jour tu te trouve dans cet état, n’essaye pas de répondre, d’agir, de courir... Comme tes frèrs Matis. Tu n’irai que droit à l’échec, tu perdrais ta propre route. Assied-toi, calme toi, et attend.
Attend autant qu’il le faudra... Quoi qu’il t’en coûte. Le prix sera toujours moindre que l’erreur d’agir. »
Elle était là pour essayer d’appliquer ce conseil, de la manière dont elle le pouvait. Ses pensées se perdirent sur tous ses proches. Elle chercha la sagesse qu’on avait tenté de lui enseigner. Quels autres conseils pouvaient venir à son esprit.
La voix de Thun, Racine originelle des Gardiens de la Sève revint à sa mémoire : « Tu es unique, que tu le sache ou le veuille ou pas. C’est parce que tu l’es que tes pas t’ont menés jusqu’aux Gardiens, et parce que tu l’es que je pense de notre devoir de te protéger. Je ne sais pas ce qui te rend unique, mais c’est simplement un fait ». Il n’avait jamais rien dit d’autre, jamais rien expliqué. Mais n’avait jamais cessé de veiller sur elle... Et de lui offrir les Gardiens comme famille, comme le premier lieu où elle avait pu trouver un peu de paix.
D’autres souvenirs, d’autres lieux, d’autres visages. Xerius qui vient la chercher au Refuge, et lui offrit son premier regard sur Atys, et lui apprit à vivre et survivre sur l’écorce. Jamais il ne lui avait dis pourquoi il était venu la chercher... etait-ce en fait nécessaire. Il lui avait offert son amitié, et ses connaissances. Elle avait eu le meilleur des professeurs qui soit, son premier ami, son premier guide.
Leonil, qui l’avait pris par la main, qui lui fit traverser trois continents pour l’amener aux Gardiens. Et leur histoire, née ici même, dans ce lieu magique béni et protégé par les Kamis. Sans lui, elle n’aurait jamais su choisir, pas plus qu’elle n’aurait pu rester en vie bien longtemps. Du jour où il la rencontra, son seul désir fur de protéger l’adolescente qu’il avait tant effrayée quand il était venu à sa rencontre.
Il y avait encore tant d’autres visages, qui passèrent, le long des heures qui commençaient à s’écouler sans qu’elle ne le remarque. Thalionir... Yavin... Linlin... Eblahom... Ninya...
Elle se rappela toute l’attention et les encouragements des Gardiens. Mais aussi les sourires, et l’acceuil de gens qu’elle ne connaissait pas, qui s’arrétaient, la saluaient, la remerciaient sans qu’elle sache même de quoi.
Sa pensée s’arréta sur Florimelle. Un soupir qu’elle ne pu retenir, une grimace intérieur. Elle se refusait à y penser, pas maintenant, pas maintenant. Elle était sa faute, sa faiblesse, et le pire de tout les risques qu’elle pouvait prendre.
Mais les souvenirs eux, ne tinrent pas à disparaitre. Elle avait été sa première et seule amie d’enfance. Elle avait embrassé depuis son plus jeune ange la foi de Jena. Deux routes, pour deux enfants, qui s’était séparés de chaque coté de ce qui était désormais un gouffre.Mais un lien entre elles qu’elles ne pouvaient rompre, qu’elle ne voulaient plus rompre. Sa main vint serrer le sol froid et ses ongles s’enfoncer en terre de colère, de culpabilité, de détresse.
Le silence devient chappe autour de la jeune homine. Le froid était mordant, malgré un ciel limpide. Et c’est à sa faim qu’elle comprit que des heures déjà avaient passées.
Le ciel prenait des teintes d’indigo, et le soleil descendait vers l’écorce.
Une journée entière venait de couler comme une sève douce, sans que rien ne l’arrète. Psychée regarda autour d’elle, toujours assise sur cette butte. D’où viendraient ses réponses. Quelles étaient même les questions ?...
Elle se demanda si elle devait chercher un lieu où dormir, avant de se plonger dans le ciel qui se constellait d’étoiles tandis que le soleil finissait de s’effonder dans l’écorce. Pieds-Bleux avait dit « attendre ». Elle était venue pour cela...
Elle s’installa un peu mieux, essayant de se détendre, et fermer les yeux. La soif et la faim grognaient toutes les deux aux limites de sa conscience, mais elle pouvait facilement l’ignorer. Elle toucha quand même à sa gourde, seule provision qu’elle avait emmené, petite présence rassurante. Elle allait jeuner longtemps, elle l’avait prévue. Il lui fallait tout faire pour essayer de dépasser ses peurs, aller au delà de tout ce qu’elle pouvait ressentir.
Ne pas dormir... ne surtout pas dormir.
Le froid glacial l’entoura vite avec la nuit. La légère humidité autour d’elle se changea en gel, qui s’accrochait à l’herbe qu’elle avait dégagé de la neige, puis à sa peau et ses cheveux. Elle serra les dents et essaya d’oublier la glace de l’air.
Sommeil...
Elle se reveilla plusieurs fois, après quelques minutes de sommeil qu’elle ne pouvait contenir. Le hurlement d’un gingo au loin, le craquement d’une chappe de neige tombant des arbres la rappelait à l’éveil. Elle se forcait alors à garder les yeux ouverts, fixant un point devant ses yeux, puis un autre quand son regard devenait flou. Ce furent des heures passées à lutter contre le sommeil et l’engourdissement du froid.
Il devait bien se passer quelque chose, elle attendait qu’il se passe quelque chose, mais quoi ? Inconsciente de ce que représente réellement une méditation ascétique, elle tentait de reproduire un rituel personnel qui lui était inconnu, sans en comprendre ni le fondement, ni la finalité.
Une seule chose lui permettait de croire que cela avait un sens, c’était que la solution pouvait se trouver au bout de cette épreuve, elle que ne pouvait partir ou renoncer sans trouver cette solution.
Le jour vint la réveiller, pour la dixième ou vingtième fois elle s’était endormie. Ses cheveux était couverts de givre, comme le sol autour d’elle, et l’air était si froid que son corps émettait de la vapeur à son contact. Elle n’avait pas pris de couverture, pas d’autres vétements que la plus légère de ses tenues. Elle l’avait choisi, mais commencait à douter sérieusement d’avoir la moindre once de sagesse.
Elle bu, longuement, moins pour étancher sa soif que faire taire sa faim. Elle avait mal partout, la peau rendue sensible par le froid glaciale qui s’était acharné sur elle la nuit entière.
Elle se leva, et se mit à marcher, sans réellement de but. Une source, à quelques pas, lui donna l’occasion de remplir encore sa gourde, et de se rincer le visage et les bras. La vie s’éveillait au ralenti, le ciel toujours aussi bleu et glacial, seuls quelques nuages donnaient l’impression que quelque chose pourrait changer.
Il fallait encore attendre. La lumière du jour l’aida à se reveiller, et elle marcha droit devant elle, au travers des grands bosquets arbustifs, sur de longs cycles. Elle ne savait pas où elle allait, mais marcher était encore le plus sûr moyen de ne pas céder au sommeil. Les premiers vertiges commençaient, les premières légères hallucinations aussi. Elle réussit juste à deviner qu’elle marchait entre le sud et l’ouest, faisant de larges courbes aussi bien involontaires que pour esquiver les prédateurs.
Ses pensées s’effilochaient en même temps que la fatigue commencait à la dévorer. Elle pleura sur l’absence de Leonil, sur les moments de plus en plus nombreux où il partait au loin, sans que nul ne sache où il pouvait réellement disparaitre. Les heures passant s’acharnaient à raviver les plus sombres de ses souvenirs, et la solitude, la solitude comme première blessure, comme premier carnassier dévorant son courage.
Le visage ensanglanté de sa mère, dernier souvenir de sa famille, ne cessait de revenir. Les sarcasmes et les craintes des enfants et adolescents matis à cette albinos rescapée d’un massacre, sans nom, sans passé, sans souvenirs. Son isolement, qu’elle n’a jamais que décidé elle-même, finalement, refusant de casser le mur entre elle et eux.
Elle n’avait jamais même réalisé qu’elle avait décidé, à quelques cernes à peine, qu’elle n’était pas eux, qu’elle ne serait jamais eux, qu’elle reniait son peuple. Elle avait toujours cru être une victime, pas une responsable.
La chaleur de ses larmes sur sa peau gelée lui fit presque mal, tandis qu’elle marchait comme un automate... Tandis, tout simplement, qu’elle fuyait.
Au dessus d’elle, le ciel devenait aussi sombre que ses pensées et sa détresse, et tandis que le soleil chutait une fois de plus derrière l’écorce, elle longeait une falaise, en courant, sans plus savoir d’où elle venait, ni où elle allait.
Fantomes.
Elle n’arréta pas de marcher, tandis que le ciel réunissait toute la colère d’Atys dans les airs.
Elle était entourée de fantomes connus et inconnue, le doigt pointé vers elle, une immense arène imaginaire de procès à toutes ses fautes. A tout ce qu’elle a fait ou n’a pas fait, à tout ce qu’elle a pensé, ou pas pensé, à tout ce qu’elle a dit, ou n’a pas dit.
Pas une seconde de répit, chaque regard dans une direction, dans l’obscurité de la nuit, donne naissance à un fantome, nouvel accusateur cruel qui refuse de rendre verdicte, mais annonce chaque accusation. Elle brûle de fièvre, malade, mais ne le sait pas, elle en a perdu conscience, et ne réalise même plus quand elle chute au sol, sur chaque faux pas de son chemin sans destination.
Une dernière chute la précipita dans une mare dont le poids de son corps brisa la glace. Le froid lui rendit conscience le temps de s’en extraire, et ramper dans la neige. Elle s’affala à l’abri d’un tronc, recrovillée en chien de fusil. Les ombrs accusatrices allaient et venaient : ses parents, ses camarades d’enfances, Florimelle, Xérius, Pieds-Bleux, le marchand qui l’avait nommée Nemesis, l’envoyé de la Karavan qui la poursuivait dans ses rèves, les Kamis, Leto, Eto, Saganaem, Thun, Thalionir, Ninya... Leonil.
Trahison, faiblesse, lâcheté, fuite... Tous avaient les mêmes mots, les mêmes accusations. Tous, morts, vivants, lointains pour proches, l’accusant d’avoir fui tout choix, toute implication, de n’avoir jamais pu choisir, un camp, une décision.
Elle hurla plusieurs fois, recrovillée dans la neige, pleura, et pleura encore, avant que la fièvre ne se calme tandis que le froid de la nuit devenait morsure. Elle ne sut jamais si la nuit passa en cauchemars eveillés ou endormis... Quand elle rouvrit les yeux, elle était couverte de neige, et celle-ci tombait encore d’un ciel qui ne cessait de devenir plus lourd.
Etais-ce cela que les Zoraï pouvaient rechercher dans cette épreuve ?... Etais-ce cette confrontation avec leur terreur ? Elle n’avait pas de réponse à ces accusations qui l’assaillaient. Elle avair cherché à essayer de suivre un destin qu’elle croyait tracé envers et contre toutes ses décisions, mais c’est elle qui avait traçé cette voie, même si elle n’en avait pas eu conscience.
« Vous ne m’accusiez pas... vous tous, vous ne m’accusez pas, c’est moi qui me sens coupable devant vous, mais coupable de quoi ?... D’avoir peur de ce que je fais, de ce que je suis, de ce que je dois faire, ou devenir ? Je n’ai pas le droit d’avoir peur, et je ne veux plus, je ne veux plus !... Quoi qu’il se passe, il y a une réponse... j’ai fais tout cela parce que je croyais que je devais le faire, parce que je croyais ne pas avoir le choix. Mais je ne l’ai pas ! C’est moi qui me trahit ! Si je renonce, c’est moi qui me trahit ! »
Mais renoncer à quoi... Elle erra encore, tournant en rond, oubliant même de boire, incapable de trouver à quoi elle risquait de renoncer, ce qu’elle cherchait, ce qu’elle voulait, devait comprendre !... Tout était devant elle, elle savait tout, mais comme les pièces d’un puzzle, elle devait comprendre comment tout réunir...
La fièvre revint dans la journée, l’épuisement aussi. Elle finit par s’affaler contre un rocher... et la nuit appela la tempète, alors qu’elle perdait conscience...
Le ciel devenait fou, Atys enragée, la pluie et la neige fondue trempaient Psychée depuis des heures. Elle était paralysée de froid, malade, incapable de bouger. La peau abimée et gelée par endroits par le froid, les cheveux collés de crasse et de fièvre. Son regard se portait sur l’horizon obscurci. Elle attendait le retour des fantomes, le crâne secoué de douleurs terribles, le corps perclu de souffrance, et se réalisait même plus les moments où elle perdait conscience avant de rouvrir les yeux, trempés par la pluie.
Dans le flou de son regard enfievré, elle revit les kittins, debouts autour d’elle, secouant leurs mandibules, dans des hurlements inhomins. Ils l’entouraient de nouveau, à demi-iréels. Elle se demanda si ils étaient revenus pour la tuer, attirés par l’odeur de sa mort, mais ils disparurent dans la brume de sa fièvre.
Ce fut ensuite la même scène avec des tueurs de la Karavan, puis avec tout ce qu’elle pouvait compter d’ennemis et d’adversaires imaginaires, venus la regarder, en silence, et repartir... Elle essaya de leur parler, mais elle ne pu prononcer un son, essaya de fuir, mais ne sut pas se relever, et oublia que ce n’etaient que des images...
La tempète ne cessait pas, mélant ses trombes aux illusions qui semblaient naitre et se dissiper des eaux elles-mêmes. Elle entendait leur respiration, leurs bruits, mais même ceux qui parlaient le faisaient dans le plus total silence.
Ils revenaient, encore et encore, s’approchant toujours plus, restant toujours plus longtemps, comme s’ils se concertaient, se demandant quel sort reserver à cette homine mourante et désarmée. Mais ils repartaient toujours, pour être rémplacés par d’autres, parfois se confondant avec des visages amis, avec des sourires, la présence des êtres qui lui étaient si chers, leur odeur parfois... celle de Leonil, et celle de Florimelle, si rassurantes toutes les deux.
Elle savait qu’elle délirait encore, mais plus aucune pensée ne pouvait dissiper le délire, ou lui permettre de le rendre iréel... c’etait comme contempler un théatre mouvant sans pouvoir y échapper...
Et les Kamis vinrent. En premier lieu, un petit, noir, aux yeux lumineux, comme curieux de voir ce qu’il avait devant lui. Il s’approchà presque à la toucher, et resta devant elle. Il était venu comme le reste, né des trombes noirs de la tempète, née dans les chimères de sa fièvre... mais impossible de ne pas le croire réel...
Il resta là... dandinant de la tête, émettant sifflements et bruits étranges, regardant l’homine glacée appuyée à son rocher.
Puis un autre vint, plus grand, plus massif, immense, le torse et les bras complètement hypertrophiés. Il marchait sur ses jambes minuscles d’un pas lourd, faisant le tour du rocher, les membres supérieurs balants, traçant des sillons dans la neige, insensible au froid glacial de la pluie et du vent.
Il se posta devant Psychée... remuant les bras, comme hésitant à achever la vie de l’homine qu’il toisait de six têtes. Il commenca un étrange dialogue avec le petit Kami, tournant sa tete aux yeux immenses et stéllaires vers lui, emettant des sons étranges et féerique.
Les deux Kamis semblaient discuter du sort de l’homine... ou de leur surprise à la trouver là.
Psychée gardait les yeux ouverts, cherchant à percer l’illusion de son délire, à comprendre le sens de cette dernière vision. Elle essuyait ses yeux de la pluie, encore et encore, mais ils ne se dissipaient pas...
« Que voulez-vous ? » Ele ne sut même pas si elle avait pu prononcer ces mots, ou si elle les avait pensé. Elle avait essayé de faire jaillir ses sons de sa gorgre brûlante, et elle n’entendit pas sa propre voix dans le vacarme de la tempète.
Mais ils tounèrent la tête vers elle, comme surpris de l’entendre. Elle tenta de répéter sa phrase, mais n’arracha qu’une quinte de toux qui la fit grimacer de douleur. Elle tendit la main vers le plus petit des deux... essayant de se prouver qu’elle révait.
Il la saisit, doucement, comme curieux du geste...
Elle frissona... impossible de savoir ce qu’elle tenait en main, si c’etait réel ou pas... Elle ne le saurait jamais. Mais elle pouvait le toucher. Il serra sa toute petite main autour de deux de ses doigts, comme voulant lui-même s’assurer de la réalité de la scène. Elle essaya de se redresser, et il ne recula pas. Le plus grand des deux se pencha en avant, , regardant la scène avec curiosité, la têe penchée sur le coté.
« Vous etes des illusions, n’est-ce pas ?... Comme le reste, comme tout le reste, vous n’etes pas là, c’est moi qui délire. Vous ne voulez pas me toucher, vous n’etes pas venu me chercher, vous n’existez pas. »
Les deux Kamis ne bougeaient pas, le plus petit n’avait pas lâché sa prise, mais se mit encore à discuter avec son immense collègue, surpris, le regard emettant presque une incompréhension. Ils la dévisageaient à tour de rôle, avant de repartir dans leur discussion quasi- psychédélique.
« C’est vous que je suis venue voir, c’est vous qui saviez !... Et je ne comprend rien ! Je suis venue savoir pourquoi j’ai fais tout cela, qu’est-ce que je dois faire, est-ce que j’ai le droit de le faire ?!! Répondez-moi !!! » Sa voix se brisa dans sa toux.
Les deux Kamis parurent une fois de plus surpris, et la regardèrent, tout les deux... avant de se fondre dans le paysage, comme désirant redevenir les illusions qu’ils n’avaient cessé d’être.
Mais au fur à mesure que leur présence s’étiolait, ils se mirent à pousser un cri... Leurs deux cri appelant des milliers de voix, s’élévant au dessus de Psychée, du rocher, de l’air, du ciel. Elle perdit toute conscience de la réalité, pour devenir la musique même du ce chant, l’âme déchiquetée en morceaux par ce que nul ne devrait entendre. Chaque sève faisant couler le sablier du temps devenait une voix, grossie par celle des vivants et des morts, des naissances, des agonies, de l’herbe mourante au guerrier affrontant son dernier adversaire. Les racines devenaient des veines, la vie devenait sa sève, le temps devenait les palpitations d’un coeur, et l’homine perdait toute réalité.
Des voix naissant de toutes part s’ajoutaient à un concert inssuportable, approchant à la folie même. Elle mourrait et vivait milles vies en une seconde, hurlait à la douleur de la naissance et de la mort repetée à chaque battement d’un coeur fou et monstrueux. Elle voyait sa propre sève exploser en larmes rouges, et renaitre dans tellement, tellement d’autres vies, sans cesse... plus de début, plus de fin, plus de voie de retour. Elle voulait savoir, mais n’entendait plus rien, sauf ce hurlement indescriptible qui donnait naissance aux vies, aux morts, à toutes les âmes, à toutes les sèves, à la folie, aux désirs, aux choix, aux reniements.
Le rocher se brisa, puis le sol, puis la réalité. Plus d’images d’autres que celles de leurs deux pairs d’yeux, et la folie qui s’emparait d’elle, et détruisait tout ce qu’elle avait jamais pu être. Elle essaye de demander pitié, mais son hurlement devint une part insignifiante de toutes les vies qui à cette seconde imploraient leur vie. Elle essaya de se révolter, mais des millions de révoltes répondirent pour écraser ses pensées... Elle voulut abandonner, fondre dans la folie, mais tellement de folies hurlèrent de toutes parts qu’elle en fut chassée. Elle pouvait compter chaque cellule de son corps devenu une partie de ce chant, hurlant toutes leur agonie dans une douleur qui n’avait plus d’expression ou de normes.
Le silence vint de lui-même, comme s’il n’avait jamais cessé d’être. Elle ne vit rien, n’entendis rien, ne ressentit rien, sauf la vacuité la plus totale du vide le plus indesciptible qui soit. Elle avait voulu savoir, elle avait été au bout de ce qu’elle avait pu endurer de fièvre et de délire, et savait que cela aurait du être son délire... mais il ne l’était pas. Il n’y avait rien, pas de moyens de comprendre cette seconde là. Juste le moyen de l’accepter.
Dans le vide, ils parlèrent, tous. Elle ne sut jamais ce que les millions et les millions de vies pouvaient dire, mais elle entendait, sa propre voix dans le concert de cette folie qui n’avait ni bruit, ni existence.
Elle vit juste ses yeux. Et en eux, des milliers d’étoiles... la sève, les âmes, le futur, la folie, leurs morts à tous, l’espoir, l’abandon, il était tout cela, sans aucun choix d’être ce qu’il pouvait désirer.
Elle pensa... si même, ici, elle ignorait ce que ce mot voulai dire : « Tu ne désire pas, tu n’a jamais désiré, tu existe, sans autre choix... » Une voix, la sienne, lui répondit ; «Tu n’a jamais désiré, tu existe sans autre raison que de le faire. Le choix est ce qui attend toute vie avant que ta sève ne pourrisse... Tu choisi, tu as déjà choisi, tu voulais juste l’entendre. Plus de retour en arrière, car il n’y en a jamais eu... Que ta route soit, parce qu’elle était déjà avant que tu naisse... parce que ton premier choix, tu l’as fais bien avant de pousser ton premier cri ».
Elle plongea dans ses yeux. Le temps s’arréta. Plus de retour en arrière possible, c’etait ce qu’elle avait choisi, et ce qu’elle choisissait à cette seconde... Elle ne sut jamais ce qui arriva. Peut-être rien, tout simplement.
Peut-être juste un délire... le dernier...
Le jour se levait. Elle ouvrit les yeux... la fièvre avait cessé... Son corps était meurtri, elle souffrait de partout, elle était sale, et épuisée. Le rocher avait pu la protéger un peu, finalement.
Elle devinait presque dans cet orage le printemps qui venait se glisser dans l’hiver, et se leva.
Il n’y avait plus de peurs, il n’y avait plus de doutes. Un sourire, rien qu’un sourire. Et dans sa main, quelques poils noirs encore collés à sa peau...
omorel2
November 30th, 2004, 04:20 PM
Magnifique !
PS : Effectivement, il va falloir relire pour l'orthographe ;)
psychee
November 30th, 2004, 04:27 PM
Magnifique !
PS : Effectivement, il va falloir relire pour l'orthographe ;)
Grmbl.... :p
thalionir
November 30th, 2004, 04:59 PM
HRP/ Vraiment superbe !! Bravo !! Et les fautes ne gènent pas trop à la lecture, ne t'inquiète pas ;) Heureux que tu es changé d'avis et soit resté parmi nous Psychée... J'attends avec impatience la dernière partie :)
psychee
December 1st, 2004, 08:22 AM
Pour les gens qui se demanderaient, j'ai réellement cessé de jouer depuis hier matin, et sans doutes encore jusqu'à demain soir, pour essayer d'être un tant soi peu crédible avec la chtite disparition de Psychée.
Donc, pôur les quelques joueurs qui me cherchez, je ne suis en effet pas là
psychee
December 1st, 2004, 09:36 PM
Le Kami qui trônait devant le totem tourna la tête vers l’homine qui s’approchait de lui. Il la regarda calmement, et ne bougea ni ne fit un geste quand elle se posta humblement devant lui.
Elle le dévisagea longtemps. Il lui rendait son regard avec calme et paix, et baissa la tête vers elle, comme pour l’observer de plus près, de ses immenses yeux stellaires.
«Ainsi, pensa-t-elle, tu ne me regarde plus avec reproche ?... »
Il semblait presque acquiescer, penchant la tête de droite et de gauche. La vie autour d’eux courrait sans qu’ils ne la dérangent, le village où se trouvait ce grand ambassadeur restait toujours aussi calme, et animé.
Elle n’avait pas provoqué de regards de reproches, ou de crainte, cette fois. Non… juste un calme et un naturel évident de se trouver là, face à ce Kami la toisant toujours de son regard hypnotisant, qu’elle n’avait pas quitté.
Deux aubes avaient passées. Elle avait eu du mal à se remettre, réfugiée dans une caverne sale, avant de pouvoir sortir avec les premières prémices de la fin de sa fièvre. Elle avait songé après coup qu’elle aurait très bien pu mourir, mais cela avait valu ce risque. Même si elle n’avait jamais imaginé le prendre.
Elle avait ses réponses. Difficile de les traduire, mais elle y trouvait un sens, une direction. Qu’elle ne remettait plus en question. Celle de ses propres choix, devant les événements qu’elle avait eu à croiser, devant le rôle qu’elle se demandait avoir. Le doute reviendrait bien assez tôt, elle en avait conscience. Mais la foi était tout ce qu’elle avait désiré. La foi, et le courage de l’assumer, et d’en assumer les conséquences.
Son esprit se perdit un instant dans le vertige de ses souvenirs. Elle avait mis des heures à être sûr qu’elle était revenue dans le monde réel, qu’elle avait repris contact avec la simple existence. Ses dernières nuits avaient été peuplées de ces rêves qui ne lui appartenaient pas, venus de ce moment où elle avait touché à ce qu’elle n’osait pas encore nommer, et qui n’aurait sans doutes de sens qu’avec le temps, qu’avec ce qu’elle avait maintenant à apprendre, et comprendre de la réalité des Kamis.
Mais elle savait intimement ceux qu’ils étaient. Tout… les vies entières, connectées les unes aux autres. La vie qu’elle aimait tant, qu’elle chérissait tant, ils en était l’une des manifestations. Difficile de mettre un nom sur eux, sur ce qu’ils étaient ou ce qu’il servaient, mais elle avait vu, touché, ressenti ce qu’ils pouvaient exprimer. Et les yeux de cet ambassadeur reflétaient une si infime partie de la réalité… si infime…
Il se détourna d’elle, doucement. Il lui avait donné une réponse simple : il l’acceptait, enfin, la reconnaissait. Lui donnait son approbation. A elle de s’en montrer digne. Mais elle se sentit transportée de bonheur et d’espoir. Il avait juste montré ce qu’elle avait tant eu besoin de savoir, et de comprendre.
Il était temps de rentrer.
Elle songea à tous ces gens qu’elle avait laissés sans nouvelles, et Leonil lui manqua soudain avec une cruauté terrible. Il était temps de retrouver son monde, et d’y vivre. De retrouver sa famille, et son peuple.
Elle s’éloigna un peu, et chercha dans ses vêtements le deuxième ticket, celui qu’elle avait gardé pour assurer son retour. Elle ne trouva rien.
Elle n’avait jamais pensé à cette éventualité là. Qu’elle puisse le perdre. Elle avait couru sous la fièvre et le délire des jours entiers, avant de se cacher le temps de guérir, et n’avait jamais pensé le chercher, vérifier sa présence, à aucun moment. La petite poche était vide. Elle tourna la tête de droite et de gauche, mais comprit vite que le chercher était inutile, elle n’avait pas une chance de retrouver un petit morceau de bois sur les cycles entiers qu’elle avait marché.
Cela voulait dire une seule chose à faire… Impossible de communiquer avec personne, et difficile d’attendre l’arrivée de qui que ce soit ici. Elle n’avait pas d’autre choix que de revenir par elle-même. Et trouver un ticket. Davae était loin, Yrkanis encore plus, mais les villes Matis étaient les plus accessibles, même au risque de croiser les hommes de La Garde Drakarys ou des chasseurs de primes voulant sa tête pour la récompense de Saganael. Aller encore plus loin au Sud signifiait la mort sous les torbak. Elle n’avait aucune chance de leur échapper, ou à n’importe quoi d’autre.
Elle commençait à décourager. Pas de dappers pour essayer de payer des provisions, pas de moyens de se défendre, juste ce qu’elle arrivait à maîtriser de l’Art, et les sorts de combat n’étaient réellement pas sa partie. Et pas plus d’armes. Il faudrait des jours pour faire le chemin sans servir de repas à tous les prédateurs. Et espérer trouver des Matis pour voyager avec eux… Des matis qui n’aient pas entendus parler de la prime, surtout.
Mais elle n’avait pas le choix. Il fallait faire ce voyage, et elle se mit en marche avec d’autant plus d’empressement que chaque heure qui passait amplifierait l’inquiétude de ses amis. Et que chaque minute qui coulait lui rappelait amèrement comme les bras de son prince lui manquaient.
Elle salua le Kami en partant, pria un court instant pour qu’il veuille bien l’aider à rentrer saine et sauve, et suivit l’Est. Ses souvenirs étaient flous, et bien sûr elle n’avait pris aucunes cartes, mais c’était entre l’est et le nord que devait se trouver les premières routes du pays matis. Et souvent, aussi, des groupes de chasseurs à la poursuite de gibiers rares et dangereux.
Elle marcha tout le jour, et une grande partie de la nuit. Il faisait toujours terriblement froid, et elle n’avait pas plus trouvé de quoi se réchauffer que de quoi manger depuis son départ. Son dernier repas datait désormais de presque cinq jours, sauf quelques racines quand elle avait commencé à se remettre. Plus la nuit s’avançait, plus elle n’avait comme seule idée que de rencontrer des gens. Mais où qu’elle regarde, elle ne vit personne, pas âme qui vive.
Une souche lui servit d’abri pour une partie de la nuit, avant qu’elle reprenne sa route à l’aube. Le soleil se décida à réchauffer le sol gelé… les premiers rayons du printemps. Et l’air se réchauffait un peu à son tour. Assez pour qu’elle en remercie Atys, et reprenne sa marche, pestant contre son épouvantable sens de l’orientation. Elle ne cessait de devoir revenir en arrière, de scruter le ciel pour essayer de retrouver sa direction, de contourner ravins ou rivières, et la faim commençait à affecter le peu de force qu’elle avait pu récupérer.
L’ombre du découragement commençait à la suivre. Elle avait réussi, trouvé la réponse à ses peurs et ses questions, et se retrouvait seule, perdue, incapable de retrouver ses pas, loin de tout, et une fois de plus incapable de s’en sortir seule. Elle avait du toujours compter sur les autres, sur leur soutien, leur protection, pour rester en vie, pour apprendre, pour ne pas se mettre d’elle-même dans les pires ennuis. Et en fait, elle était très douée pour aller chercher les ennuis ou attirer les pires dangers.
Et c’était exactement dans ce cas qu’elle était, et qu’elle se maudissait d’être si impulsive, si imprudente, de n’avoir pas fait un peu plus attention à ce simple ticket qui l’aurait ramené dans les bras de Leonil en un instant. Elle pleurait de rage en marchant, essayant de ne pas se perdre encore plus, rêvant d’un retour chez elle, essayant de ne pas laisser trop l’envahir la terreur qu’elle n’y arriverait pas.
La nuit tomba une fois de plus. Elle pensait être bientôt proche des prochaines routes, peut-être même les avait-elle vu à l’horizon, peu avant la nuit, sur une butte. Elle devait pourtant s’arrêter. Quelques tiges perçaient la neige fondante, signe de quelques tubercules qu’elle espérait pouvoir manger. C’était atroce… mais au moins pas dangereux, et peut-être capable de faire patienter son corps encore une journée, avant de défaillir. Plus loin, un bosquet d’épineux se penchait par-dessus un torrent, et offrait un abri confortable… Et finalement, le tapis d’aiguilles était doux. Et chaud ! Elle s’endormit vite, blottie dans les aiguilles, première couverture de fortune depuis des jours. Et ses rêves sans nom revinrent la hanter et la bercer toute la nuit.
Un bruit inhabituel la réveilla alors que l’aube ne naissait pas encore. Elle ouvrit les yeux, pour se tourner. Et fit craquer une branche.
Les trois homins à quelques distances pensaient être seuls. Elle ne saurait jamais qui ils pouvaient être, et ce qu’ils faisaient ici, mais ils éclairèrent le bosquet directement, et Psychée se retrouva en pleine lumière. Elle vit la lance se dresser vers elle, tandis que le deuxième homin dégainait un pistolet. Ils devaient être des prospecteurs, vu leur équipement, mais elle n’en vit rien de plus. La sève de son Art vint seule, sans rien lui demander, une vague glaciale atteignant le premier homin dans un éclat de lumière froide. Le matis s’écroula sous le choc –c’était bien un matis, et lâcha son arme de poing. Elle vit la lance venir à elle, plongea à travers les épines, et s’effondra dans l’eau glaciale tandis que le matis à la lance se précipitait vers elle. Elle tendit la main, sa sève devient glace vive qui le frappa de plein fouet, et à la même seconde, elle sentit qu’on lui traversait les entrailles. L’homin s’effondra dans les buissons tandis qu’elle coulait dans les eaux glacées, une immense nappe rouge se déroulant dans l’onde derrière elle, la lance planté de part et d’autre de son ventre.
Les tumultes du torrent l’emportaient, tandis qu’elle perdait vie et conscience, avant qu’un angle du cours d’eau ne la recueille dans une boue glacée. Elle avait encore conscience d’être en vie, et encore plus conscience de mourir, une douleur atroce fichée dans le corps, la lance torturant ses organes à chaque secousse de sa respiration et de son cœur.
La sève coulait dans l’eau, dans une grande tache rouge qui se noyait dans l’obscurité.
Elle gémit, gémit encore, serra les dents, et comprit qu’elle allait mourir. Sans espoir d’aucun retour. Son âme s’éteignait en même temps que son cœur dans l’inconscience, et un gouffre glacial. Elle essaya de penser à quoi se raccrocher pour ce dernier instant… Et, une dernière fois tout ce qu’elle avait de magie et de sève en elle se mit à vibrer, un unique appel, une peur terrifiante, un dernier espoir, un appel qui dépassa son être pour aller suivre le cours de la sève coulant dans Atys toute entière, se répandant à travers l’écorce, à la recherche de ceux qu’elle aimait, de ceux qui l’aimaient, d’une dernière chance pour son âme d’appeler à l’aide. Et de vivre.
(La suite appartient à mes amis sur Ryzom, qui ont joué le jeu de ce mini event RP entre nous, et qui auront à écrire eux-même la fin, que je viendrais poster ici s'ils ne le font pas eux-même. Ceux qui auront lu ce texte se reconnaitront, s'ils croient que cela les concerne, et je suis curieuse de voir la fin, et comment elle s'écrira ;) )
psychee
December 2nd, 2004, 12:05 PM
(Textes issus du même thread sur forum privé des GDLS)
Ouvrant les yeux d'un coup, Leonil se redressa sur sa couche, hanté par un affreux pressentiment, regardent follement autour de lui, sentant que quelque chose de précieux venait de lui être dérobé.
La clairière ou il avait passer la nuit étais calme, cela faisait maintenant une demis cerne qu'il était parti de cher lui, explorant les régions à la recherche de nouvelle voix pour les expéditions
Reprenant ses esprits à la vue du calme environnant, il commença a rassembler ses affaires, effaçant peu a peu toute trace de son passage à cette endroit, la clairière reprendra bientôt son aspect originel.
Plus tard dans la matinée, il fi une pause. Depuis son réveil, le pressentiment ne l'avait pas quitté et c'était progressivement transformé en angoisse, au plus profond de lui il savait que quelque chose était arrivé.. comme si son âme se déchirais lentement.
Il prit alors sa décision, sortant un ticket de son paquetage, il le caressa du bout des doigts pendant quelque seconde, pensant à ceux qu'il allait revoir, puis brisa d'un geste sec la fine plaque d'écorce.
psychee
December 2nd, 2004, 12:07 PM
(Textes issus du même thread sur forum privé des GDLS)
L'homme se rapprocha du corps... ainsi, il ne s'était pas trompé.
Il inspecta les blessures sans trop y toucher, et après un moment d'hésitation, il retira la lance et y appliqua un baume qui devrait permettre à la jeune femme de vivre encore quelques heures.
Il traîna le corps inanimé sur le bord de la rive, à l'abri, puis pris le temps de réfléchir à la situation.
Il pinça les lèvres, et resta plongé dans ses reflexions plusieurs minutes. Il se décida finalement à sortir un morceau d'écorce souple et à écrire un message. Il l'enroula au pied d'un Izam apprivoisé qui rejoindrait le hall de guilde des gardiens d'ici peu...
Le reste dépendrait du bon vouloir des Kamis, il repartit dans la foret sans se retourner.
psychee
December 2nd, 2004, 12:14 PM
Vu ce dernier message, il devrait etre assez inutile de faire un mini-event pour chercher à me retrouver ans avoir de réelles pistes, mais jouer IG simplement le moment où vous récupérez Psychée, et la ramenez à Zora, sans avoir besoin de vous lancer dans une expédition en territoire inconnu -je dis ça, parce que j'ai déjà pris 30KDP pour essayer de me mettre dans le coin que je pense etre celui où vous deviez me retrouver, et cela me parait inutile de vous contraindre à manger aussi de la DP.
Mais à vous de faire les suites: Leonil revient à Zora, si j'ai bien suivi, l'Izam va venir prévenir les Gardiens, et la suite vous appartient, en fonction de vos textes... et de ce que vous ferez ce soit en jeu...
J'attend vos commentaires, la fin de cette histoire devrait avoir lieu ce soir ou demain soir.
Je fais copie pour info sur le forum Ryzom roleplay
omorel2
December 2nd, 2004, 01:47 PM
La jeune Matis arriva sur le lieux... Elle avait bien ressenti une sorte d'appel, quelqu'un de connu, quelqu'un qu'elle chérissait.
Elle avait pris grand soin d'éviter les gingos... mais surtout le torback qui trainaient dans le coin, s'était faufillée et avait rejoint la rivière. De là, elle était partie vers le sud, ne cherchant pas particulièrement de traces, mais tentant de ressentir l'appel de l'Art.
Une petite aura... un petit rien l'a mis sur la piste, c'était une sensation très légère de châleur. Elle la suivit et arriva à un coude de la rivière, là elle nota plusieurs signes qui montraient que quelqu'un avait saigné, elle vit une lance... des feuilles utiles pour les cataplasmes, elle suivit des traces et découvrit une large traînée... Un corps pas très lourd avait été tiré...
Florimelle ne savait pas pourquoi, mais elle se sentait attirée... elle commença à courir en suivant les traces.
Les minutes, puis les heures passèrent, Florimelle n'avait pas l'habitude de se fatiguer autant. Finalement au loin elle distingua une forme un Izam... et derrière lui... Non... ce n'était pas possible, une jeune femme, sa... enfin Psychée...
L'Izam se battait contre son 3ème gingo... un Miracle sûrement... enfin ne cherchons pas des signes là où ils n'existent pas. Florimelle se concentra sur son Art et elle envoya 2 jet d'acide sur le gingo restant... Il hurla de douleur alors que ces crocs se plantaient dans la gorge de l'izam...
Les 2 créatures s'immobilisèrent dans une sinistre position...
Florimelle accourut près de son ... amie... elle tentait de se souvenir de comment invoquer l'Art qui guérit... sa main s'illuminant d'une lumière pâle et bleue. Elle apposa sa main sur le ventre de la jeune femme, pria Jena de protéger ceux de son peuple et insuffla son énergie à la la douce fleur qu'elle avait en main.
La vie de Psychée n'était maintenant plus entre ses mains... elle était entre celles de Psychée et celles de Jena... La jeune prêtresse pria longuement... Elle savait invoquer des choses que la jeune Psychée n'appréciait pas...
L'endroit se remplissait de créatures... des yubo, des capryni, des gingos... la Prêtresse de Jena saisit un Yubo et lui ouvrit la gorge pour en récolter son sang, puis elle offrit rituellement son sang à la Karavan, à Jena. Elle demanda à sa déesse de ne pas oublier que la jeune femme était une matis, malgré ses choix de vie...
Mais il était grand temps de rentrer... ou d'attendre... D'autres avaient dû entendre cet appel...
Florimelle se dressa et abattut calmement toutes les créatures qui approchaient déjà... Qu'avait-elle fait ? Qu'allaient-elles devenir ?
psychee
December 2nd, 2004, 02:11 PM
(post apparu sur le forum des GDLS que je copie ici)
Melowen avait d’abord entendu parler de Psychee par son ami Penombre avec qui elle avait jeté les bases de la Fraternité Kami des Lacs. Depuis qu’elle arpentait la jungle des Zorai, elle avait de nouveau eu connaissance de cette Matis qui s’était exilée pour vivre au milieu des Zorai. Elle souhaitait la rencontrer car elle se posait de nombreuses questions sur les Kamis et cherchait toutes les personne susceptibles de l’éclairer . Un motif plus personnel la poussait aussi : un ou une Matis pourrait peut-être lui donner des réponses sur son passé, cette Matis exilée pourrait éventuellement l’aider car lors de ses passages à Yrkanis, personne n’avait voulu ou pu lui répondre.
Un jour, alors qu’elle rendait service au Kami de Zora avec son compagnon Kalean, elle avait rencontré Pyschee par hasard. La rencontre avait été brève mais marquante. La jeune Matis lui avait paru préoccupée et tourmentée, elle avait été surprise pas le contraste entre son aspect juvénile (elle ne l’imaginait pas si jeune) et l’impression de maturité qui émanait d’elle. La discussion avait été rapide, Psychee allant à l’essentiel et ses derniers mots avaient jeté un voile d’inquiétude dans son esprit. Psychee parlait de menace, de destruction , de guerre et de malheur pour l’hominité. Melowen s’en était allée avec Kalean laissant Psychee à ses tourments. Les deux jours de chasse qui suivirent reléguèrent l’inquiétude au second plan. L’amour qu’elle vivait avec Kalean était neuf, il lui permettait de retrouver l’insouciance d’une Tryker. Mais il est difficile de se soustraire aux rumeurs d’Atys, Psychee avait parlé d’un danger, elle avait fait aussi allusion aux Kamis. Elle devait la revoir, lui parler. Mais plus de traces de Psychee dans la jungle, plus inquiétant il semblait qu’elle ait réellement disparue d’après ce que disais les membres de sa Guilde.
Ce matin là, Melowen venait d’échapper de peu à l’agression d’un gingo, elle était rentrée à Zora et s’était agenouillée auprès du petit Kami noir. Les dernières paroles de Psychee tournaient dans sa tête, son esprit essayant de retrouver un semblant de calme. Fatiguée elle eu l’impression de s’assoupir, soudain fulgurante la vision apparu, cela ne dura qu’une fraction de seconde, un corps allongé au bord de l'eau, mourrant une lance fichée dans son flanc… Puis le retour à la réalité, le Kami, l’étable de Zora, les homines vacant à leur taches et une inquiétude sourde. Le corps qu’elle avait vu, même si elle ne l’avait pas reconnu, elle était sure que c’était Psychee. Il y avait plusieurs cernes de cela, près d’un Kami, dans son pays elle avait déjà eu une vision. Depuis le phénomène ne s’était jamais reproduit. Elle avait d’ailleurs fini par douter de la réalité de cette expérience. Mais la scène qu’elle venait de voir paraissait si réelle. Il était arrivé malheur à Psychee, elle en était sûre. Elle se leva, elle devait avertir au plus vite les membres de sa Guilde.
psychee
December 2nd, 2004, 02:12 PM
../.. Florimelle se dressa et abattut calmement toutes les créatures qui approchaient déjà... Qu'avait-elle fait ? Qu'allaient-elles devenir ?
(Post copié sur le forum des GDLS)
psychee
December 2nd, 2004, 02:50 PM
(poste des GDLS que je reporte ici)
Leonil venait d'apparaître devant le petit kami noir, Zora la grande était couverte d'un épais manteau neigeux
reprenant ses marques dans ce nouvel environnement, il se dirigea ver le hall de la guilde, appréhendant ce qu'il allait y découvrir
S'approchant de l'ambassade, il se sentis transpercé par une violente douleur à l'abdomen et un froid mortel l'envahis peu à peu. Le monde se mettait à tourner autour de lui, il n'eut que le temps de croiser le regard anxieux d'un Zorai avant que tout ne devienne noir.
psychee
December 2nd, 2004, 11:57 PM
merci à tout ceux qui ont été là ce soir pour l'event qui a donné fin à ce texte... Je ne revelerai pas cette fin ici, je tiens juste à vous remercier, ce fut un moment magnifique (et épuisant, jongler avec je ne sais combien de tells était épuisant), et donc... l'histoire continuera ailleurs, une autre fois...
snark
December 3rd, 2004, 12:16 AM
Merci surtout à toi Psychee, ce moment restera pour moi un moment magique passé sur Ryzom :)
psychee
December 3rd, 2004, 09:42 AM
Je vais quand même écrire la fin, en fait transcrire ce qui s'est passé, de manière résumée, car il faudrait trop en dire.
Mais cela permettra aux gens qui auraient voulu etre là, et ne purent pas, de ne pas se sentir lésés.
Et merci à toi, Melowen d'avoir été là, désormais, tu ne pourra plus jamais briser ce lien:)
snark
December 3rd, 2004, 11:13 AM
Melowen s’éveilla dans une chambre inconnue. Elle avait dormi d’un sommeil agité et sans rêves. Son corps lui faisait mal comme si on l’avait roué de coups, elle sentait une douleur sourde à son flanc. Où était elle ? Progressivement des bribes de souvenirs revinrent à sa mémoire. Elle était dans une chambre du hall des Gardiens de la Sève, mais pourquoi ?
Tout avait commencé par cette vision qu’elle avait eu prés du petit Kami noir. Elle avait vu Psychee agonisante dans un lieu inconnu. Elle s’était alors précipitée chez les Gardiens de la Sève pour les avertir, mais un message leur était déjà parvenu. Sa vision, bien que précise, ne permettait pas de savoir où Psychee était. Elle n’était donc d’aucun secours… Troublée, découragée, elle erra sans but dans Zora. Elle ne parvenait pas à effacer la terrible image et son impuissance la désespérait. Vers le soir, elle sortit de Zora, elle avait besoin de se retrouver dans la forêt. Aux portes de Zora, elle croisa Soryu, elle se réjouit d’apprendre qu’il postulait chez les Gardiens, mais elle n’avait pas le cœur à parler. Elle continua son chemin au hasard. Ses pas la portèrent à proximité du téléport de la Karavan. De loin elle aperçut une silhouette agenouillée et bien que n’appréciant pas la présence de la Karavan, elle approcha cependant. Un corps était étendu aux pieds de la silhouette. Elle pressa le pas.
Puis elle reconnu le corps, c’était Psychee, totalement inconsciente, sale, d’une pâleur extrême, une jeune Matis se tenait à son chevet, lui tenant la main et psalmodiant. Sous le choc Melowen s’agenouilla, elle adressa une prière silencieuse au Kami des Lacs, mais celui-ci resta désespérément muet. Elle se leva, effleura de la main l’épaule de la Matis inconnue, demandant s’il elle pouvait faire quelque chose. Mais la Matis était comme plongée dans une sorte de transe. Melowen vit alors la blessure au flanc de Psychee, une blessure affreuse, d’où coulait quelque chose d’innommable. Elle approcha sa main de la blessure puis l’éloigna aussitôt.
Que pouvait elle faire, elle n’était qu’une jeune combattante sans beaucoup d’expérience, elle connaissait quelques sorts de soins, mais ceci dépassait de beaucoup ses capacités.
Elle s’assit aux côtés de Psychee, faisant face à la jeune Matis. Elle prit la main de Psychee. La froideur de celle-ci la fit tressaillir. Lentement elle sentit le froid l’envahir, remontant le long de son bras, puis gagnant tout son être, puis la douleur vint, d’abord lointaine, puis de plus en plus pressante . Elle partait de son ventre, irradiant jusqu’à ses pieds et ses mains. Le temps s’effaça, tout n’était plus que douleur, souffrance…
Des gens arrivèrent, elle entendit leurs voix, lointaines comme assourdies. Le peu qui restait de conscience en elle lui disait de lacher la main de Psychee, mais autre chose, un sentiment de compassion puissant lui dictait de n’en rien faire. Elle serra plus fort la main de Psychee. Un hurlement inhomine, bestial, lui glaça le sang, effrayée elle comprit que c’était elle qui hurlait avec la jeune Matis. La douleur était maintenant insupportable, ses dernières pensées cohérentes s’engloutissaient dedans.
Ajoutés à la douleur, survinrent comme des coups de fouets, la flagellant sur tout son corps. Elle comprit que les homins qui les entouraient, essayaient de leur lancer des sorts de soins. Non… Non… Elle avait l’impression que de sa bouche sèche, ne pouvait sortir aucune parole, pourtant ils comprirent et les coups de fouets s’arrêtèrent. La douleur progressait par vagues, entre les vagues se mélangèrent des bribes de souvenirs inconnus. Elle apprit ainsi le nom de la Matis Florimelle et ressentit ce qui la liait à Psychee. Un lien puissant la reliait maintenant à Florimelle et Psychee. Leurs corps et leurs esprits se confondaient.
Elle sentit qu’on la soulevait comme pour l’emporter, elle serra encore plus fort la main de Psychee, aucune force humaine ne pouvait brisait ce lien…
Ils la reposèrent sur le sol.
L’âme de Psychee s’en allait, Florimelle et Melowen le sentaient, elles étaient au bord du gouffre, elles retenaient encore Psychee du bout des doigts. « Ne pars pas ».Elle ne sut si elle pensa ou prononça ces paroles.
Psychee faiblissait de plus en plus. Quelque chose d’innommable pulsait au fond de sa blessure, elle devait les avertir, mais plus aucun mot ne semblait pouvoir franchir le seuil de ses lèvres.
La souffrance continuait toujours. Ils comprirent et enlevèrent la boule cachée dans le flanc de Psychee. Mais il était trop tard. Psychee s’éloignait, les entrainant avec elle. Florimelle lachait prise, une immense fatigue envahit Melowen, elle n’avait plus envie de se battre, juste dormir…
Le cœur de Psychee s’arrêta de battre. L’esprit de Melowen lui parut se dissoudre, elle glissait dans le gouffre. Une ultime pensée d’amour la retint, Kalean… Kalean, elle évoqua le visage aimé, il restait flou, indistinct, puis plus net il lui apparut…
Quelque chose au fond de Psychee refusait de mourir, la vie repartit au fond d’elle. Imperceptiblement, elle s’était remis à respirer. La douleur était toujours là, moins forte, mais suffisante pour effacer le visage de Kalean. Psychee était revenue, mais le souffle de vie était incroyablement fragile, Melowen était épuisée, elle sentait qu’il en était de même pour Florimelle, elles ne pouvaient plus rien faire, juste par ce lien maintenir Psychee auprès d’elles. La douleur refluait maintenant faisant place à une fatigue irrésistible. Ne pas s’endormir…
Autour d’elles, ils s’agitaient toujours, ils lancèrent des sorts de soins, ceux ci ne faisaient plus mal, mais ils restaient impuissants. Combien de temps pourrait elle tenir ainsi avant que le sommeil ne la prenne. Elle pensa au Kami des Lacs, et s’entendit prononcer : « Unis… Ils ne font qu’un… ». Un temps infini parut s’écouler, puis une main dans la sienne, la reliant à d’autres mains formant un cercle. Zorai, Fyros, Matis et Tryker unis. Un tourbillon mêlant leurs vies et leurs souvenirs. Les yeux du Kami qu’avait contemplé Psychee, et par delà les yeux….
Elle sentit le lien qui la reliait à Psychee se distendre, la douleur avait presque complètement disparu, la chaleur revenait dans son corps, elle pouvait bouger et parler à nouveau. Psychee reprit alors connaissance. Melowen vit alors les homines qui l’entouraient, des Gardiens de la Sève visiblement. La journée était bien avancée, presque un cycle s’était écoulé…Elle les salua silencieusement. Tous se réjouirent de revoir Psychee. Sa tête était vide, son corps douloureux, mais rien de comparable avec la souffrance indicible qu’elle avait ressentie. Ils rentrèrent tous ensembles à Zora et les Gardiens de la Sève lui offrirent l’hospitalité.
Elle avait du dormir longtemps. Tout ce qu’elle avait vécu avait la consistance d’un rêve mais elle savait que ce n’était que la réalité. Certaines questions avaient trouvé des réponses, mais plus nombreuses encore étaient celles qui n’en avaient pas. Melowen comprit alors que sa vision n’avait pas pour fonction d’avertir, ce n’était que la traduction d’un lien que le Kami avait tissé entre elle et Psychee. Un lien qui l’avait amené près de Psychee sans l’avoir cherchée. Mais pourquoi elle ? Et à quoi avait-elle servi exactement durant cette longue nuit ? Un lancement dans son ventre l’avertit que si le lien avait sans doute changé de nature, il était toujours présent…
psychee
December 3rd, 2004, 11:27 AM
chuis en train de taper moi aussi la fin, laissez-moi le teeeemps:)
snark
December 3rd, 2004, 11:41 AM
/hrp héhé j'ai été plus rapide ;) hrp/
psychee
December 3rd, 2004, 11:52 AM
m'apprendra à écrire des textes trop longs... Et puis zut, faut que je bosse aussi!
Bon, j'y retourne, tout le monde me saute dessus pour savoir comme ca s'est fini, et tout les absents râlent de pas avoir été là
zouran
December 3rd, 2004, 11:56 AM
[HRP] ouaou trop de frisson :-) super histoire moi pas ose en faire part :-( [HRP]
psychee
December 3rd, 2004, 12:52 PM
(Ceci se passe quelques jours -disons un ou deux- après la fin de l'event. je pense qu'IG, et même ici, certaines personnes vont encore réagir, car il y a beaucoup de choses non-dites et non-dénouées, mais le principal est là)
L’auberge de la Canopée, le petit lieu de repos et de rencontres du hall de Guilde des Gardiens de la Sève était bondée, ce soir là.
Leonil dévorait des yeux Psychée, assis dans un fauteuil confortable, une ceinture de toile enserrant encore sa taille douloureuse. Elle, s’était assise près de lui, tenant sa main doucement, après avoir passé près d’une heure à conter sa quête personnelle, sa recherche de vérité. Quand elle avait conté tout cela, ses yeux pourpres d’albinos avaient pris presque la même texture, la même profondeur que les yeux du Kami dans lesquelles elle avait plongé son âme. Et avait du s’arrêter, parfois, retenant des larmes à ce souvenir… Et à ce qui resterait la plus grande, la plus immense, réponse de sa vie. Elle avait achevé son récit sur son retour maladroit à pied, puis son dernier souvenir : la lance, la plongée dans l’eau glacée, et le vide qui s’en suivit.
Leonil avait poursuivi, hésitant à raconter ce qu’il avait vécu et enduré. Arrivé à Zora, il avait été terrassé par la même souffrance et la même agonie que Psychée. Le lien entre elle et lui avait duré des heures entières. Il avait du mal à se souvenir de tout, mais se rappelait de sentir sa mort proche. Et ses derniers mots, quand il avait senti que, sans savoir comment, ni pourquoi, sa promise était revenue près de lui, quelque part, sans savoir… Avant que la souffrance ne décide à l’épuiser pour longtemps.
Eblahom reprit le récit. Il avait trouvé Leonil agonisant dans les rues de Zora, et l’avait ramené à la guilde. Malgré l’absence de blessure, le jeune prince tryker se mourrait, appelant encore et encore Psychée. Nul n’y comprenait rien, ni la sève, ni les onguents n’avaient effet, mais la sagesse du Zoraï lui avait fait comprendre que ce n’était pas l’homin qui mourrait, mais sa compagne, et qu’elle l’entraînait à travers leur lien vers l’agonie. Le très ancien Jeruz était venu à la rescousse, bientôt suivi d’autres. Jeruz avait reçu un message laconique d’un Izam, à moitié épuisé par un voyage éperdu. L’oiseau en mourrait quelques heures plus tard, mais le message avait pu leur faire comprendre que quelqu’un avait du retrouver Psychée.
Et quand Leonil hurla, criant qu’elle était là, qu’elle était là mais qu’elle partait, ils comprirent que quelqu’un avait pu ramener jusqu’à Zora la mourante.
Il fallait la chercher.
Jeruz prit la place de conteur, un clin d’œil à Eblahom :
Tout les Gardiens proches de Zora se mirent à sa recherche, et alors que les plus éloignés arrivaient de partout, Jeruz eu l’intuition d’aller voir le poste de la Karavan face à Zora. Il trouva là Florimelle, la Prêtresse de Jena, et Melowen, la Porte parole de la Fraternité Kami des Lacs, penchées toutes deux au dessus d’un corps qu’il connaissait.
Psychée était allongée, une blessure béante que ne couvrait plus un cataplasme de fortune. La déchirure faisait une main de long, presque la moitié de large, et en suintait une chose purulente mêlée de sève rouge. Il appela à travers le lien des Gardiens tous à le rejoindre, car là, le puissant Fyros se savait impuissant.
Melowen reprit l’histoire, sans oser se lever de sa chaise, toujours attablée dans l’auberge. Timide et gênée, sa voix resta faible, et le silence se fit pour entendre, on chassa même les jeunes yubos joueurs pour l’écouter : Elle raconta sa tentative pour retrouver Psychée, en proie à des doutes qu’elle espérait pouvoir dissiper près d’elle. Sa prière devant le protecteur de Zora, et la vision terrible, prise de plein fouet. Elle avait cherché des Gardiens pour demander où était la jeune Matis, mais personne ne su répondre, et, paniquée elle couru dans Zora, avant que ses pas ne la mène devant les machines de la Karavan. Et le corps de Psychée. Elle expliqua qu’elle avait essayé de parler à Florimelle, absorbée en prière. Mais celle-ci semblait en transe, et n’avait pas répondu. Elle ne savait que faire, quand elle s’agenouilla à son tour, et prit la main de Psychée, essayant de communiquer avec la jeune adolescente, scellant pour les heures qui suivaient et presque tout un jour son destin à celle de la mourante.
Florimelle était resté silencieuse. Prêtresse de Jena dans une auberge des Gardiens, entourée d’adeptes des Kamis, elle savait ne pas avoir sa place ici. Ou du moins le pensait. Mais tous savaient qu’ils lui devait la vie de Psychée, et elle était en train de découvrir une chose, rassurante : les Gardiens regardent avant tout l’âme de l’homin, non sa foi, ou sa couleur. Même Shinrah, si dure avec les pro-Karavan, étais venu lui apporter elle-même à boire.
Melowen se demandait si elle devait continuer, mais Thun, de sa voix grave et posée tel un roc sur la plaine interpella Florimelle : « racontez-nous, à votre tour, comment vous avez retrouvé Psychée, et comment vous l’avez ramené à nous, quand nous vous avons trouvés ».
Florimelle hésita, avant de se lever, et de prendre sa place de conteuse :
Elle raconta comment son instinct lui avait fait traverser tout le Jardin Majestueux, suivant un appel impérieux, celui de son amie, un mot qui dans sa bouche prenait un sens immense et spécial. Elle dissimula tant bien que mal sous son masque de prêtresse de Jena maîtresse d’elle les sentiments qu’elle pouvait avoir pour Psychée. Mais tout les témoins et acteurs de ce qui s’était passé, tout ceux qui avaient partagé le lien et l’âme de Psychée à son agonie, savaient. Savaient sans le moindre doute.
Florimelle avait attendu longtemps, jusqu’à ce qu’elle voit que la blessure s’aggravait, et que la vie de Psychée s’effaçait. Elle avait alors pris le ticket de Zora qu’elle gardait, celui qui menait devant la Karavan. Devant les serviteurs de sa Déesse. Elle serra son amante contre elle, et se retrouva à sa destination. Mais impossible de faire plus. Elle était loin des Gardiens, loin de tout, personne ne venait, et elle ne pouvait laisser Psychée.
Elle resta agenouillée, la tête de la jeune mourante sur ses genoux, et pria. Que quelque chose arrive, que Jena la sauve… qu’il y ai un miracle. Elle avait ses mains sur le front, et les lèvres de la jeune homine… et sentit son esprit glisser dans celui de son amie mourante.
Le reste… impossible de dire combien de temps cela dura. Elowen était arrivée, et, priant à son tour en tenant la main de Psychée, fondit elle aussi dans cette âme refusant de se battre encore pour ne plus chercher que le repos de la mort.
Florimelle se souvînt de leur lutte, à toute deux. Des heurs à appeler, essayer de la retenir. Il y avait des gens autour d’elle, et se rappelait de leur présence, de leurs actes, de leurs tentatives pour sauver l’une des leurs, et libérer les deux homines en transe. Mais c’était si flou. Elle n’avait pensé qu’à celle qui représentait sa vie et son amour, et à la moindre chance qu’elle avait encore de la retenir en vie. Elle ne pu le raconter ainsi… mais tout le monde devina, dans les larmes qu’elle ne pu retenir, ce qui s’était réellement joué.
Eblahom reprit : Il était arrivé devant les trois homines, et de suite, la blessure paraissait clairement anormale. Tandis que tous découvraient que soigner par la sève ne faisait qu’amplifier la souffrance de Psychée, et celle des deux jeunes filles liées à cet instant à elle sous la transe, il avait observé, et compris de suite. De la Goo.
D’une tâtement délicat, il repéra la boule au fond des entrailles de la mourante, et aidé d’une fine lame, se mit à fouiller les chairs, pour retirer le bout de glaise collante et infecté. Il jeta la chose infectée, et aidé de Shinrah, Tomasi et Houyo nettoya la blessure, avant que tous ne déploient leur sève pour guérir la plaie.
Mais elle ne se réveillait pas, malgré les soins, son cœur s’était arrêté, sa respiration aussi, et les deux homines, toujours liées à elles, s’effondraient en murmurant des propos où les Gardiens comprirent que Psychée refusait de vivre encore. Et toutes leurs prières n’y faisaient rien. Le corps avait reprit vie sous la puissance de leurs Arts, oui, mais sans son âme.
Mais Houyo reprit, vidant son verre de Muscaï – personne ne savait combien il en avait descendu avant : en priant, de toutes ses forces, il avait senti quelque chose. Pas de parole divine, ou de message, mais une expression directe de la présence des Kamis. L’impression de plonger dans le même regard que celui dans lequel la mourante avant plongé peu avant dans sa vision, et il avait partagé cela. Une brève seconde, il avait vécu la sensation d’être tout ce qui existe. Et avait compris. Il n’y avait plus de corps à soigner, mais son âme, l’âme de Psychée, et le seul moyen était d’aller la chercher.
Shinrah raconta la fin, à sa demande. Elle s’était assise, avec les Gardiens, et ils avaient joints leurs mains, tous, avant d’aller chercher les mains de Florimelle et Melowen. Sans savoir comment faire, ils prièrent, essayant de penser à toutes les raisons de vivre qu’ils partageaient, à tout leurs espoirs, et leurs devenirs, à tout ce qui pouvait séduire cette âme mourante de renoncer au bien-être de la mort. Les minutes s’écoulant, ils sentaient le piège du lien qui s’était noué sur les deux jeunes homines se refermer sur eux. La magie, la sève elle-même participait de ce moment se mettant à vibrer sourdement, puis devenir chant cristallin.
Et tous furent précipités dans leurs âmes propres. Chaque histoire de chacune des personnes assises là devint part de l’âme de chacun : peurs, douleurs, faiblesses, envies, convoitises, haines, amours, angoisses, terreurs, espoirs, joies, désirs, secrets, paix, tout devenait un livre écrit en milles mots éparpillés, qu’il fallait lire et comprendre, et surtout, surtout, ne pas chercher à absorber. Leurs efforts devinrent une lutte pour ne pas céder à ce qu’il y avait de plus puissant et affreux à cette instant : le désir de mourir, la peur de vivre de la jeune homine à l’âme quasi-éteinte.
L’espoir, et l’amour devinrent les seules pensées du groupe… et le lien céda enfin. Il s’effilocha doucement. Il ne disparaîtrait jamais entre tout ces gens, ne pourrait plus se briser. Mais il acceptait de céder à cet instant. Et Psychée, dans un soupir, ouvrit les yeux.
Elle avoua elle-même qu’elle avait du mal à se rappeler de tout, depuis que la lance l’avait transpercée. Et qu’elle était effrayée de ce qui avait pu l’amener à cet abandon, et au risque d’emporter avec elle deux âmes dans la mort, ou la folie. Elle n’avait pas pu éviter de pleurer, à tous ces récits, et n’avait pas refusé le muscaï tendrement proposé par Houyo quand il avait vu ses larmes. Elle se serra contre Leonil, mais pas sans jeter un regard tendre sur Florimelle, et lui faire signe de s’asseoir avec eux.
Peut-être apprendraient-ils à vivre tout les deux sans se déchirer pour elle.
Mais pour l’heure, Psychée voulait juste un peu de paix et ses amis aussi. Aux aubes suivantes, il y aurait bien des choses à faire, mais ce soir, le banquet les attendait.
psychee
December 3rd, 2004, 02:30 PM
J'ai déjà dis merci à tous les gens qui ont joué le jeu, et m'ont aidé à ce superbe moment hier soir, qui, je l'espère, donnera envie à tous de tenter l'aventure, et à nous de recommencer encore. Mais j'ai oublié quelque chose:
Ce qui m'a donné envie de faire ce RP, en plus de plein d'idées, est un morceau de musique, et il a été si important quand j'ai écris le texte que je ne peux pas ne aps le citer: Muse: "Butterfies and Hurricanes". C'est à son bercement et sa folie que j'ai crée cette histoire, et qu'elle a pris tout ce sens
snark
December 4th, 2004, 08:45 AM
Ce qui m'a donné envie de faire ce RP, en plus de plein d'idées, est un morceau de musique, et il a été si important quand j'ai écris le texte que je ne peux pas ne aps le citer: Muse: "Butterfies and Hurricanes". C'est à son bercement et sa folie que j'ai crée cette histoire, et qu'elle a pris tout ce sens
Merci pour cette référence c'est effectivement un superbe morceau, moi en ce moment mon inspiration je la puise dans Enya et les premiers albums de Genesis
psychee
December 4th, 2004, 09:57 AM
(la suite du RP, pour les joueurs, se trouve a ce lien, si vous désirez lire, ou participer.
Et vivement la prochaine fois que nous -ou vous?- feront ou ferez un event comme ça.)
http://www.gdls-fr.com/forums/sor/viewtopic.php?t=1298&postdays=0&postorder=asc&start=0&sid=7e52c49f5333eddf148ecb3785781ddb
rashel
December 4th, 2004, 12:46 PM
/HRP *en admiration* MOI AUSSI ZE VEUX ! j ai rencontre qlq personnes faisant du rp recemment, donc le mien prend forme :) mais j ai hate d en arriver a ce que vous avez construit ensemble :)) Psychee, je peux te piquer tes amis le temps d une soiree ? :p nan ? zut... ranafout ! m enferai d autres, des mieux, na : /HRP
chryssie
December 4th, 2004, 04:07 PM
Chrys avait entendu cette histoire de la bouche d'un marchand matis venu au début de l'été en pays tryker.
Accroupie au bord d'un étang, elle observait l'astre monstrueux qui la fixait dans le ciel d'Atys. L'aube pointait à peine, le petit matin bruineux des Chutes lui faisait du bien. C'était le moment idéal pour prendre un premier bain. Elle plongea, sans un bruit, n'éveillant pas même le capryni qui rêvait sur l'autre rive. Nager lui donna instantanément cette sentation de sécurité qu'elle aimait tant. Au milieu du silence, ele repensa à ce récit étrange et poignant. Fyros, matis, zorai et tryker s'unissant pour sauver une vie. Voilà quelque chose qui n'était pas près d'arriver à Aeden Aqueous, déchirée par ses conflits de factions. Ou peut-être s'y prenait-elle mal. La solitude dont elle s'entourait ne donnerait à terme rien de bon.
*Chrys, trykette solitaire*
psychee
December 4th, 2004, 05:48 PM
/HRP *en admiration* MOI AUSSI ZE VEUX ! j ai rencontre qlq personnes faisant du rp recemment, donc le mien prend forme :) mais j ai hate d en arriver a ce que vous avez construit ensemble :)) Psychee, je peux te piquer tes amis le temps d une soiree ? :p nan ? zut... ranafout ! m enferai d autres, des mieux, na : /HRP
Si si, on peut me les piquer, mais en général, faut leur demander gentiment.
Et je te raconte pas le saladier d'aspirine que j'ai pris en finissant cet event.
Mais... hm... que je sache, tu nous en prépare un beau, de bazar RP, toi, hm?
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