ROLEPLAY


paya-lo

Oui, elle finirait bien par le lui dire. Mais le faire maintenant serait une bêtise de plus. Le fyros se prépare depuis si longtemps à un tel voyage, tout comme elle, assez secrètement.

Lui dire en chemin, voilà tout. Lorsque les nouvelles terres sont suffisamment loin derrière eux pour que rebrousser chemin ne soit plus une option.

Et comme si il ne s'en doutait pas !! Bon, il faut dire qu'ils en tenaient une sacrée couche, ce soir là. Les réserves de Lydix avaient bien diminuées, aussi. Mais quand même, une soirée pareille, on s'en souvient. Du réveil aussi. Surtout du réveil.

Lui dire en chemin, simplement. Azazor, mon p'tit fyros, ce dont tu te doutes, eh bien, c'est vrai. En plus, bon, il te ressemble. Un peu. T'façon, ça ressemble à rien au début, un bébé fyros. Quoi, tu ne te doutais de rien?

C'était possible, qu'il ne s'en doutasse pas. Il passait le plus clair de son temps à peaufiner ses cartes, tandis qu'elle s'occupait de l'aspect logistique. Il ne posait pas de questions lorsqu'ils se rencontraient pour faire un point, et pour leur entrainement. Traverser le couloir brulé, de nuit, sans aucun vêtement, tout en étudiant l'aptitude des kitins à les repérer, et en améliorant leur aptitudes à leur passer entre les mandibules. C'était, la plupart du temps, encore un petit peu douloureux.

Lui dire en chemin. Il est de toi, tu le savais. Tu n'es même pas venu le voir, parce que tu avais peur d'en avoir la confirmation, et de devoir assumer. Tu aurais pu, les appartements Thesos ne sont pas bien loin du bar.

En voilà une bonne solution. Ou alors, ne rien dire, jamais, du moins pas avant leur retour. C'était peut-être mieux.

En attendant, préparer. Se préparer, à toute éventualité.

Un mektoub de monte, chacun. Qui ne transportera rien d'autre que sa propre nourriture, en plus des fyros. Ça épargnera l'usure de leurs bottes un moment. Lorsque les mektoubs ne pourront plus avancer, il s'agira d'en faire un bon repas. Une armure lourde, des outils, une pioche. Quelques armes, de quoi fabriquer des amplificateurs et bijoux, ou des vêtements de bonne qualité. De la viande séchée, quelques fioles d'ocyx. Il va falloir rationner, et la shooki est trop volumineuse pour être emportée. Sauf peut-être un tonneau pour les premieres semaines. Rencontrer ce ranger, aussi.

Entre temps, écrire. Laisser un journal, le journal de sa vie de fyrette. Elle reviendra, afin de raconter, de vive voix. Elle reviendra. On ne sait jamais.

Laisser aussi une lettre, dans l'éventualité.
Une lettre, la plus importante de toutes. Une lettre destinée à sa fille disparue des années auparavant, et dont elle avait toujours remis les recherches à plus tard. Par peur de découvrir une vérité peut-être insoutenable, ou par fuite. Il n'y avait de toute façon que peu d'espoir. Toute sa vie, la fyrette avait oscillé entre ce sentiment d'impuissance, de deuil et de culpabilité, et cette espérance, cette certitude qu'un jour l'inimaginable se produirait.

Écrire. Et en attendant, fuir.
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