ROLEPLAY


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#1 [fr] 

Eeri ne pouvait maintenant plus le cacher. Une bêtise de plus. Ou devait-elle dire : un acte manqué ? Ça revenait au même. Quand on s'abreuve à ce point et en si peu de temps de shooki et d'essence d'ocyx, il peut arriver que l'on fasse des choses regrettables, que l’on se laisse embarquer dans des situations regrettables et inappropriées que la morale et le savoir-vivre m'interdiront d'écrire ici, voire simplement d’imaginer.

Elle s’était réveillée ce lendemain matin avec trois cent rugissements de mektoub dans la tête, et tant d’images de la soirée encore imprégnées dans sa rétine qu’elle ne se faisait pas le moindre doute de ce qui s’était passé. Qu’importe, ça avait été amusant, après tout. Amusant, oui. Elle avait bien besoin de ce laisser-aller, d’un peu de divertissement. Mais quelques semaines plus tard, le souvenir de l’insouciante soirée revenait la hanter. Trop tard pour se lamenter, pour revenir en arrière. Trop tard même pour le cacher, comme elle l’avait déjà fait. Trop tard pour disparaitre un moment, et revenir quelques mois plus tard, comme si de rien était. Et puis, où aller, cette fois? Depuis lors, elle avait eu le temps de se faire suffisamment d’ennemis aux quatre coins des nouvelles terres.

Et puis toub, elle avait finit par l’avouer à ceux qui la croyaient malade, empoisonnée par de la goo ou addict à une quelconque drogue. Non, ils se trompaient. Elle allait bien, elle était en parfaite santé. Elle avait un peu grossi, mais quand même arrêté de boire, ni shooki, ni ocyx. D’ici quelques semaines, il ne paraîtrait plus rien, à part une petite nouveauté. Une nouvelle responsabilité, une graine de vie de plus sur l’écorce. Qu’elle allait cette fois devoir assumer. Pas comme la dernière fois.

Tant de souvenirs remontaient en surface, et ce souvenir d’une ancienne vie, 20 ans auparavant, revenait la hanter, chaque seconde. Le même contexte, la même bêtise. Qu’elle n’avait pas eu le courage d’assumer, craignant à l’époque pour sa sécurité.
Il lui devenait même insoutenable de garder ce souvenir silencieux. Avouer sa vie passée agissait comme une sorte d’expiation de ses erreurs, même si il était sans doute bien trop tard pour réparer quoi que ce soit.

Cette fois, ça devait être différent.

#2 [fr] 

En ouvrant un tiroir, Azazor tombe sur une vieille flasque de liqueur d’ocyx 15 ans d’âge. Vide hélas. Depuis quand garde-t-il des flasques vides ? Quel intérêt ? Ah oui, ça lui revient. Souvenir de soirée, pour ne pas oublier. Certains nouent un mouchoir au pied de leur lit; lui, il garde des flasques vides, une par soirée mémorable. Et celle-ci, il ne tient pas à l’oublier. Des fois qu’il y aurait des conséquences…

Il pousse la bouteille au fond du tiroir et prend la carte qu’il y cache. Il a encore du travail avant de partir. Ce n’est donc pas le moment de penser aux conséquences éventuelles d’une soirée arrosée. Au pire, qu'est ce que ça change?

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fyros pure sève
akash i orak, talen i rechten!
élucubrations
biographie

#3 [fr] 

Il lui devenait maintenant difficile de courir. Tenir une hache, ou n'importe quelle autre activité normale devenait un effort surhomin. Pourtant, elle s'appliquait à pratiquer quelques activités, par exemple en fréquentant le bar de fairhaven. Elle restait agréable avec ses amies, ou donnait ce qu'il fallait d'antipathie, de dédain ou d'indifférence avec les fâcheux de service. Et puis, au moins, sans alcool, elle gardait la tête froide et réussissait à fermer son bec quand il le fallait. Ce n'était pas une mauvaise chose, bien au contraire. Un grand tour de taille plutôt qu'une grande gueule.

Mais venait l'heure d'arrêter les déplacements pour un temps. Puis de s'assoir, et réfléchir aussi sérieusement qu'elle le pouvait à l'après. Concrètement, Eeri n'avait aucune idée de comment fonctionnait ce genre de choses. C'était bien pour ça qu'une dizaine d'années auparavant, dictée par la peur de l'inconnu et l'angoisse de devenir si vulnérable, juste après que son corps se fut débarrassé de sa charge, elle confia ce qui aurait du devenir dans sa vie la plus précieuse des choses à une homine en laquelle elle pensait, à tort, pouvoir faire confiance.

#4 [fr] 

" Comme c’est moche un bébé, on a pas idée…"
" Je te demande de le garder, pas de faire des commentaires "
" Surtout un bébé fyros. Les bébés matis sont moins ridés "
" Ils présentent mieux dans un plat, donc. Pas le mien, j’ai compris. akep. "
" non mais, tous les bébés fyros sont comme ça? Frippés et moches et gueulards ? "
" Alors d’une, j’suis pas spécialiste en bébés, et visiblement toi non plus. De deux, moche ou pas, c’est pas tes cratchas, et de trois, un fyros qui gueule pas… et puis toub, ça n’existe pas c’est tout. "
" Oh, okal, te braque pas. Moi tant que tu me donne mes dappers, je garde ton gueulard "
" Et sans commentaire. Et s’il gueule vraiment trop, met lui une mamelle de bodoc dans le gosier, ça lui fera un truc à mâcher. "
" Quand même, le père, il doit avoir une sacré tronche, pour que ça sorte comme ça "
" MAIS DE QUOI J’ME MÈLE, TOOOUUUB "

* lourd silence *

"Ha, en revanche, il a la voix de sa mère"

#5 [fr] 

Le petit monstre avait fait à Wixarika le plus beau des accueils, pour leur première rencontre. Déglutissant après un petit rot, il dirigea en sa direction le lait de la matinée, puis laissa échapper un petit rire satisfait. Elle eu le réflexe d'esquiver ce qu'elle pouvait, limitant ainsi les dégâts sur son hobenyx, puis souriant jusqu'aux oreilles, elle s'écria :
" mais c'est qu'il tient de sa mère, ce petit ! "
" On m'a déjà dit ça pour le volume sonore. Mais ça venait d'un tryker, ça compte pas " râla Eeri
Le tryker en question, sortant de son demi-sommeil plus loin, déclara : " Ah non, j'ai dit qu'il était moche, fripé, bruyant, et que son père devait être toubement mo..."
Sans pouvoir terminer sa phrase, il se rua vers la sortie en évitant les dagues, jarres et tonnelets qu'Eeri jeta en sa direction.

Elle lui avait proposé de l’aide pour s’occuper de cette petite chose que certains appelleraient "miracle". Wixarika avait reçu en réponse un grand sourire et une clef d’appartement. Eeri ne pouvait imaginer mieux, d’autant que son amie ne posait pas plus de questions sur le géniteur de l’enfant.

Par chance, celui-là, elle ne l’avait pas vu depuis longtemps, plusieurs mois au moins. Il devait tout ignorer de sa grossesse, sauf s’il en avait entendu parler par quelques colporteurs de ragots aux langues aussi pendues que ne l’est un marchand tryker aux bourses de ses clients. Mais il faudrait bien qu’elle le lui dise. L’attachement d’Eeri aux piliers fyros était une chose, mais surtout, en général, tout finit toujours par se savoir. Assumer. Assumer la vérité, tout autant qu’assumer de s’occuper de cette petite chose fripée et criarde. Puis réfréner ce désir brulant de repartir, cette volonté de rechercher toujours plus loin la vérité sur les choses qui l’entourent. Hélas, l’envie était bien là, plus ardente que jamais, les raisons plus claires et précises que jamais. Plus elle essayait de le contenir et se sentait prisonnière d’une nouvelle vie pas vraiment choisie, plus ce sentiment, cette boule à l’estomac, ce désir de s’échapper, devenait irrepressible, nécessaire, inévitable.

#6 [fr] 

Un bon bruit est un bruit qui se répand vite.

Eeri partait. Avec Azazor.
Dans les cercles d'amies et amis proches, la nouvelle avait fait l'effet d'une bombe, et pour cause. Certaines voix résonnaient encore.
"Tu as charge d'ame Eeri !" "Tu ne peux pas le laisser !" "Ton enfant ne te reconnaitra même pas quand tu reviendras ..."

Mais l'idée était là depuis bien longtemps. L'opportunité de partir avec Azazor s'était dessinée un peu avant la fameuse bêtise. La décision finale était déjà prise dans son coeur et rien ni personne, pas même un rejeton gueulard ou une guerre n'allait pouvoir l'empêcher. Toutes les raisons étaient là : l'étude des kitins, de la faune et flore, la cartographie, l'ouverture de nouvelles routes, les recherches en tout genre... Une nécessité pour un tel voyage, celle d'être encore en bonne santé et encore assez jeune pour avoir potentiellement l'énergie de revenir.

Aussi, pour Eeri, il y avait ce rêve, inaccessible, et ce depuis la première fois qu'un fyros lui avait raconté l'histoire, ou l'une des histoires des anciennes terres, l'une de ces légendes fyros.
Admirer Coriolis, et voir le jour se lever sur les remparts de Fyre, une fois, dans sa vie. Que pouvait-il y avoir de plus important?

Quand une fyrette a une idée en tête, elle ne l'a pas au c...cratcha.

Última edición por Eeri (5 meses hace)

#7 [fr] 

Oui, elle finirait bien par le lui dire. Mais le faire maintenant serait une bêtise de plus. Le fyros se prépare depuis si longtemps à un tel voyage, tout comme elle, assez secrètement.

Lui dire en chemin, voilà tout. Lorsque les nouvelles terres sont suffisamment loin derrière eux pour que rebrousser chemin ne soit plus une option.

Et comme si il ne s'en doutait pas !! Bon, il faut dire qu'ils en tenaient une sacrée couche, ce soir là. Les réserves de Lydix avaient bien diminuées, aussi. Mais quand même, une soirée pareille, on s'en souvient. Du réveil aussi. Surtout du réveil.

Lui dire en chemin, simplement. Azazor, mon p'tit fyros, ce dont tu te doutes, eh bien, c'est vrai. En plus, bon, il te ressemble. Un peu. T'façon, ça ressemble à rien au début, un bébé fyros. Quoi, tu ne te doutais de rien?

C'était possible, qu'il ne s'en doutasse pas. Il passait le plus clair de son temps à peaufiner ses cartes, tandis qu'elle s'occupait de l'aspect logistique. Il ne posait pas de questions lorsqu'ils se rencontraient pour faire un point, et pour leur entrainement. Traverser le couloir brulé, de nuit, sans aucun vêtement, tout en étudiant l'aptitude des kitins à les repérer, et en améliorant leur aptitudes à leur passer entre les mandibules. C'était, la plupart du temps, encore un petit peu douloureux.

Lui dire en chemin. Il est de toi, tu le savais. Tu n'es même pas venu le voir, parce que tu avais peur d'en avoir la confirmation, et de devoir assumer. Tu aurais pu, les appartements Thesos ne sont pas bien loin du bar.

En voilà une bonne solution. Ou alors, ne rien dire, jamais, du moins pas avant leur retour. C'était peut-être mieux.

En attendant, préparer. Se préparer, à toute éventualité.

Un mektoub de monte, chacun. Qui ne transportera rien d'autre que sa propre nourriture, en plus des fyros. Ça épargnera l'usure de leurs bottes un moment. Lorsque les mektoubs ne pourront plus avancer, il s'agira d'en faire un bon repas. Une armure lourde, des outils, une pioche. Quelques armes, de quoi fabriquer des amplificateurs et bijoux, ou des vêtements de bonne qualité. De la viande séchée, quelques fioles d'ocyx. Il va falloir rationner, et la shooki est trop volumineuse pour être emportée. Sauf peut-être un tonneau pour les premieres semaines. Rencontrer ce ranger, aussi.

Entre temps, écrire. Laisser un journal, le journal de sa vie de fyrette. Elle reviendra, afin de raconter, de vive voix. Elle reviendra. On ne sait jamais.

Laisser aussi une lettre, dans l'éventualité.
Une lettre, la plus importante de toutes. Une lettre destinée à sa fille disparue des années auparavant, et dont elle avait toujours remis les recherches à plus tard. Par peur de découvrir une vérité peut-être insoutenable, ou par fuite. Il n'y avait de toute façon que peu d'espoir. Toute sa vie, la fyrette avait oscillé entre ce sentiment d'impuissance, de deuil et de culpabilité, et cette espérance, cette certitude qu'un jour l'inimaginable se produirait.

Écrire. Et en attendant, fuir.
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